Home Économie Un tribunal américain interdit à NSO Group d’installer des logiciels espions sur WhatsApp ; laisse une amende pour dommages de 4 millions de dollars

Un tribunal américain interdit à NSO Group d’installer des logiciels espions sur WhatsApp ; laisse une amende pour dommages de 4 millions de dollars

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Publié le 17 octobre 2025. Un juge américain a ordonné au fabricant israélien de logiciels espions NSO Group de cesser ses activités sur WhatsApp, tout en revoyant à la baisse les dommages-intérêts initialement fixés à 168 millions de dollars. Cette décision intervient après que des preuves ont démontré que le groupe utilisait des méthodes d’ingénierie inverse pour infiltrer des appareils via la plateforme de messagerie.

  • Un juge de district américain a émis une injonction permanente contre NSO Group, interdisant au fabricant de logiciels espions de cibler des utilisateurs de WhatsApp.
  • Les dommages-intérêts initialement accordés à Meta, propriétaire de WhatsApp, ont été réduits de 168 millions de dollars à 4 millions de dollars.
  • Le juge a jugé que le comportement de NSO Group, bien qu’entraînant un préjudice, n’atteignait pas le seuil de « particulièrement grave » pour justifier la sanction économique initiale.

La décision du tribunal, à laquelle l’AFP a eu accès, stipule que le comportement de NSO Group a causé un « dommage irréparable » et, étant donné que ce comportement n’a pas cessé, une ordonnance du tribunal a été délivrée à Meta pour stopper les « tactiques d’espionnage » du groupe sur son service de messagerie.

« Nous saluons cette décision, qui intervient après six ans de litige pour tenir NSO pour responsable des attaques contre des membres de la société civile », a déclaré Will Cathcart, PDG de WhatsApp, dans un communiqué.

Les preuves présentées lors du procès ont révélé que NSO Group procédait à une ingénierie inverse du code de WhatsApp pour y implanter furtivement des logiciels espions destinés aux utilisateurs, une action qualifiée d' »illégale » par le jugement. La plainte, déposée fin 2019, accusait NSO Group de cyberespionnage visant des journalistes, des avocats, des militants des droits de l’homme et d’autres personnes utilisant le service de messagerie cryptée.

Cependant, la juge Phyllis Hamilton a estimé que la compensation de 168 millions de dollars était excessive. Dans son jugement, elle a écrit : « Il n’y a tout simplement pas encore eu suffisamment de cas de surveillance électronique illégale à l’ère des smartphones pour que le tribunal puisse conclure que le comportement des accusés était ‘particulièrement flagrant’. »

NSO Group, fondé en 2010 par les Israéliens Shalev Hulio et Omri Lavie, est basé dans le centre technologique côtier d’Herzlia. La société est notamment connue pour produire Pegasus, un outil invasif capable d’activer à distance la caméra et le microphone d’un téléphone portable, et d’accéder à toutes ses données, transformant ainsi l’appareil en un outil d’espionnage.

Le procès, intenté devant un tribunal fédéral de Californie, alléguait que NSO avait tenté d’infecter environ 1 400 appareils ciblés avec des logiciels malveillants dans le but de voler des informations sensibles. L’infection de téléphones ou d’autres appareils utilisés pour les messages WhatsApp permettait d’accéder au contenu des communications, même cryptées, après leur décryptage.

Des experts indépendants ont constaté que le logiciel Pegasus était utilisé par divers États, y compris certains ayant un historique discutable en matière de droits de l’homme. NSO Group a toujours affirmé licencier son logiciel uniquement aux gouvernements pour la lutte contre la criminalité et le terrorisme.

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