Un dimanche matin frais à Komenda a réuni cyclistes amateurs et professionnels, dont le champion du monde Tadej Pogačar, pour une ascension mémorable. Si certains visaient la performance, d’autres abordaient l’épreuve avec humour et une pointe d’appréhension.
La scène se déroulait un dimanche matin, sous un ciel frais à Komenda. Derrière la ligne de départ, une foule hétéroclite s’était rassemblée, côtoyant Tadej Pogačar lui-même, resplendissant dans son maillot arc-en-ciel de champion du monde. Parmi les participants, un Britannique basé en Slovénie, Dave Goddard, affichait un objectif clair : « d’éviter l’humiliation ».
Anja Licen, une cycliste locale qualifiée pour une compétition radiophonique, partageait ce sentiment : « J’espère que je ne serai pas la dernière. » Le duo autrichien composé de Sandra Burtscher et Michael Mangeng, reconnaissable à leurs vélos blancs assortis, semblait prêt à en découdre. Cependant, Sandra avouait sa nervosité à l’idée de « courir avec autant de monde », tandis que Michael, bien qu’enthousiasmé par l’idée de « gravir la même montagne en même temps que Pogacar », s’attendait à ne le voir « que pour une courte période ».
Une prédiction qui s’est rapidement avérée exacte. Après avoir accordé un léger avantage aux participants moins aguerris, Pogačar s’est mis à l’œuvre, reproduisant avec une efficacité redoutable ce qui avait marqué sa saison professionnelle : distancer ses adversaires. Pour le narrateur, le champion était déjà loin dans les deux premiers kilomètres.
L’auteur de ces lignes, bien que ne fréquentant pas exclusivement les sentiers battus du cyclisme de compétition – ses sorties se limitant plus souvent à des trajets urbains sur un vieux vélo japonais « mamachari » ou à des segments Strava après les courses scolaires –, se retrouvait sans expérience récente sur un vélo de route. Il n’avait d’ailleurs eu que deux semaines pour se préparer, une perspective jugée « assez stupide » par un ami, ancien directeur sportif d’une équipe professionnelle féminine. Ce dernier lui avait prodigué quelques conseils : « Vous ne pouvez pas faire grand-chose. Vous ne pouvez pas améliorer votre forme. La seule chose que vous pouvez faire est de préparer votre corps au choc qui vous attend. Essayez de grimper le plus possible pendant cette période, pour que le jour de l’événement, le choc ne soit pas si important. »
Un autre ami, Marin Medak, avait généreusement prêté son vélo de descente, permettant à l’auteur de s’acclimater à une nouvelle monture. Interrogé sur ses chances de rattraper Krvavec sur ces roues, la réponse fut sans équivoque : « Oui, si vous y mettez un moteur électrique. »
Sans option motorisée, l’arrivée au sommet s’est donc faite dans un laps de temps de 53 minutes après le passage du champion.