Publié le 18 octobre 2025 05:13:00. Le Japon s’apprête à introduire un nouveau système d’autorisation de voyage en ligne, le JESTA, qui imposera des frais aux visiteurs exemptés de visa, y compris les Sud-Coréens, dès 2028.
- Dès 2028, les voyageurs sud-coréens devront s’acquitter d’une redevance pour obtenir une autorisation électronique avant de pouvoir entrer au Japon.
- Ce système, baptisé JESTA (Japan Electronic System for Travel Authorization), s’inspire du modèle ESTA américain.
- Cette mesure s’inscrit dans une stratégie japonaise visant à générer de nouvelles recettes financières auprès des visiteurs étrangers.
Le gouvernement japonais envisage sérieusement de mettre en place un système de pré-autorisation de voyage électronique, le JESTA, à partir de 2028. Ce dispositif concernera les ressortissants des pays bénéficiant d’une exemption de visa pour des séjours de courte durée, notamment à des fins touristiques ou professionnelles. Avant leur départ, ces voyageurs devront soumettre leurs informations personnelles et le motif de leur visite en ligne. Une évaluation préalable permettra de déterminer si une autorisation peut être accordée ; en cas de risque identifié, comme un potentiel séjour irrégulier, le voyageur se verra refuser l’entrée et devra alors solliciter un visa traditionnel.
Actuellement, les Sud-Coréens peuvent entrer au Japon pour de courts séjours sans avoir besoin de visa ni de s’acquitter de frais spécifiques. L’introduction du JESTA marquera un changement majeur, obligeant les voyageurs à payer pour ce contrôle en amont de leur entrée sur le territoire japonais. Le montant de ces frais devrait être fixé en s’alignant sur les tarifs pratiqués par les États-Unis pour leur système ESTA, qui s’élèvent à 40 dollars (environ 55 000 wons, selon le taux de change actuel). Cette mesure vise à consolider les finances publiques du Japon, confronté à des besoins croissants, notamment pour financer la gratuité de l’enseignement secondaire. Face aux difficultés d’accroître la pression fiscale sur sa propre population, qui ne bénéficie pas du droit de vote à l’étranger, le gouvernement nippon se tourne vers les visiteurs internationaux pour générer ces nouvelles ressources.
D’autres pistes d’augmentation des recettes sont également à l’étude. Le Japon pourrait revoir à la hausse la « taxe sur les passagers des tournées internationales », actuellement fixée à 1 000 yens (environ 9 400 wons) lors du départ. Cette taxe pourrait passer à entre 3 000 et 5 000 yens (entre 28 000 et 47 000 wons). Parallèlement, les frais de délivrance de visas, inchangés depuis 1978, pourraient être révisés. L’ensemble de ces mesures permettrait, selon des sources gouvernementales, de collecter près de 300 milliards de yens supplémentaires (environ 2,8 billions de wons) auprès des visiteurs étrangers.
Si des experts reconnaissent la nécessité d’adapter certaines taxes jugées trop faibles, ils appellent également à la prudence. Une augmentation jugée excessive des coûts pourrait potentiellement freiner les échanges internationaux et décourager les flux touristiques et d’affaires vers le Japon.