À 38 ans, Marwin Hitz connaît une seconde jeunesse au FC Bâle, où son expérience, son sang-froid et sa nouvelle vigueur physique font merveille. Dans un entretien accordé à Blue Sport, le gardien bâlois revient sur sa quête de titres, l’entraîneur Magnin et son passage marquant en Bundesliga. Un parcours loin d’être linéaire, où le natif de Saint-Gall a même songé à raccrocher les crampons en Suisse avant de trouver à Wolfsburg les clés de son éclosion.
Marwin Hitz, aujourd’hui pilier du FC Bâle depuis 2022, n’a décroché son premier titre d’envergure que la saison passée. Ce succès tardif couronne un parcours singulier, jalonné de doutes et de résilience. Retour sur une trajectoire qui l’a mené du statut de jeune espoir prometteur à celui de roc inébranlable dans les buts.
Formé au FC Saint-Gall, Marwin Hitz n’a jamais véritablement percé dans les rangs professionnels de son club formateur, se contentant de jouer avec la deuxième équipe. Un prêt à Yverdon en Challenge League (sans être titularisé) en 2007, suivi d’une saison à Winterthour où il dispute 15 rencontres, jalonnent ses débuts helvétiques. À 21 ans, le jeune gardien décide alors de tenter sa chance à l’étranger.
Le transfert au VfL Wolfsburg s’avère être un véritable tournant. « D’un point de vue sportif, cela a été une grâce salvatrice. En Suisse, je faisais du surplace, je n’arrivais pas à progresser et traversais des périodes difficiles. J’ai même pensé à arrêter plusieurs fois », confie Hitz à Blue Sport. Il ajoute : « Quand je repense à mes années juniors, il n’y a pas beaucoup d’histoires fabuleuses. J’ai dû me battre pour tout – peut-être que cela m’a finalement aidé. Ce déménagement en Allemagne a été une immense bénédiction, sur le plan sportif comme personnel. »
À Wolfsburg, sous les ordres de Felix Magath, et avec son compatriote Diego Benaglio comme concurrent au poste de gardien numéro 1, Hitz reconnaît ne pas être au sommet de sa forme, tant sur le plan physique que technique. Néanmoins, le club croit en lui : « Je suis simplement heureux qu’ils aient vu quelque chose en moi – quoi exactement, je ne le sais pas moi-même. » Ce passage en Basse-Saxe constitue, selon lui, la période la plus déterminante de sa carrière. « C’était un énorme défi, sur le plan sportif et personnel. Beaucoup pensaient probablement que je rentrerais en Suisse cet hiver-là. Mais j’ai tenu bon, mentalement et physiquement. Au final, je n’ai pas beaucoup contribué au titre de champion (en 2009), mais cela m’a confirmé qu’avec du travail acharné, on peut progresser – et sans travail, rien n’est possible », résume-t-il.
En 2013, Marwin Hitz pose ses valises à Augsbourg, où il devient titulaire en Bundesliga. « C’était un moment véritablement merveilleux. Mon rêve a toujours été la Bundesliga. Le fait que j’aie pu vivre cela m’a semblé presque irréel au début. Je me demandais souvent comment j’avais bien pu mériter cela. Ce fut une période formidable – aussi parce que mes deux fils sont nés à cette période », se remémore-t-il avec enthousiasme, évoquant son chapitre au FCA.
Le 21 février 2015, il marque de manière spectaculaire un but en tant que gardien de but lors d’une rencontre de championnat. « Oui, c’était mon mot de passe, c’est pourquoi je sais exactement ce qui s’est passé », s’amuse Hitz. « Souvent, j’avançais trop tôt ou je reculais trop tard. Ce jour-là, l’entraîneur m’a demandé de le rejoindre. Le corner a d’abord été repoussé, et je me suis retrouvé exactement au bon endroit. »
En 2018, le Suisse oriental tente l’aventure à Dortmund. « Comme je suis devenu numéro 1 relativement tardivement, je me suis dit qu’il fallait que je saute l’étape intermédiaire entre Augsbourg et Dortmund. Dortmund fait partie du top 15 mondial – quand on reçoit une offre là-bas, c’est un rêve », explique Hitz pour justifier sa décision. « Je savais que ce serait difficile et qu’il faudrait peut-être plus de temps avant de devenir numéro 1. Néanmoins, cela a suffi pour six mois. Beaucoup ont dit que c’était risqué, mais je referais ce transfert sans hésiter », assure-t-il.
Au BVB, Hitz bataillait avec son compatriote Roman Bürki pour la place de titulaire. Au printemps 2021, Hitz prenait l’avantage. Peu avant la fin de saison, il se blesse, manquant ainsi la finale de la Coupe d’Allemagne. « Cela m’a longtemps rongé. J’avais même accroché une photo de la remise du trophée dans mon garage – sans moi dessus. Je voulais me rappeler que j’aimerais vivre cela moi-même », avoue Hitz. Cependant, avec le doublé historique du FC Bâle, les mauvais souvenirs se sont estompés. « Depuis l’été dernier, cela ne me dérange plus. Cela valait la peine d’attendre », conclut le gardien.