Publié le 19 octobre 2025. Moins de neuf mois après son investiture, le président américain Donald Trump multiplie les initiatives diplomatiques et politiques, alternant entre médiations internationales, sommets bilatéraux et annonces percutantes, signe d’une stratégie de « plein régime » à l’approche de la fin de sa première année à la Maison Blanche.
- Médiation dans le conflit israélo-palestinien, avec la signature d’une première phase de cessez-le-feu à Gaza.
- Annonce de représailles judiciaires ciblées contre des opposants politiques.
- Planification d’une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine pour discuter de la guerre en Ukraine.
Au cours d’une semaine particulièrement dense, Donald Trump a orchestré une série d’événements majeurs. Dès le lundi 17 octobre, il a effectué un déplacement au Moyen-Orient. Arrivé en Israël, il s’est adressé au Parlement, la Knesset, pendant près d’une heure et vingt minutes. Dans l’après-midi, il a rejoint Charm el-Cheikh, en Égypte, pour assister à la cérémonie de signature d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, avant de participer à une conférence de paix rassemblant plus de vingt délégations internationales, où il a prononcé un second discours.
Le mardi suivant, la Maison Blanche a accueilli le président argentin Javier Milei pour un sommet visant à formaliser un accord d’échange de devises, destiné à soutenir l’Argentine dans sa crise économique. La journée s’est conclue par la remise de la Médaille présidentielle de la Liberté à Charlie Kirk, militant conservateur et fondateur de Turning Point USA, à qui Trump a rendu hommage.
La journée du mercredi a été marquée par une brève intervention auprès de CNN, suivie d’une menace explicite : « Si le Hamas ne respecte pas le cessez-le-feu, l’armée israélienne passera à l’offensive à tout moment, sur ma demande. » Une conférence de presse aux côtés de la directrice du FBI, Cathy Patel, et de la procureure générale, Pam Bondi, a ensuite révélé l’intention d’engager des poursuites judiciaires contre des opposants politiques. Trump a dénoncé des « représailles politiques » sans précédent, évoquant même la prise de sa photo d’identité judiciaire sous l’administration précédente.
Le soir même, un dîner de collecte de fonds a été organisé. L’hôte a annoncé son intention d’investir 250 millions de dollars (environ 350 milliards de won) pour la construction d’une salle de banquet fortifiée à la Maison Blanche et d’une arche monumentale, baptisée « Trump Gate », à Washington.
Jeudi, le président a abordé la question du soutien fédéral aux traitements contre l’infertilité lors d’une conférence de presse, avant de donner une interview à Fox News, prévue pour le 19 octobre.
La semaine s’est achevée vendredi par un sommet à la Maison Blanche avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. La question du possible soutien en missiles Tomahawk, capables d’atteindre Moscou, a été laissée en suspens. Dans la foulée, Trump a annoncé sur TruthSocial son intention de rencontrer Vladimir Poutine en Hongrie dans les deux semaines pour discuter de la fin du conflit en Ukraine. À son arrivée à l’aéroport international de Palm Beach, il a attribué la responsabilité d’une éventuelle fermeture gouvernementale au Parti démocrate et a déclaré que l’Ukraine devait geler ses frontières sur la ligne de front actuelle.
Représailles politiques et agenda conservateur
Parallèlement à son agenda présidentiel, des procédures judiciaires ont été lancées contre d’anciens collaborateurs. Le 16 octobre, John Bolton, ex-conseiller à la sécurité nationale, a été mis en examen, emboîtant le pas à James Comey, ancien directeur du FBI, et Letitia James, procureure générale de New York. Bolton est poursuivi pour détention et transmission illégales d’informations classifiées.
Lors de sa conférence de presse du mercredi, Donald Trump avait clairement désigné plusieurs figures qu’il souhaitait voir enquêtées, mentionnant l’ancien procureur spécial Jack Smith, Andrew Weissman, ex-conseiller du FBI, Lisa Monaco, ancienne procureure générale adjointe, et le sénateur Adam Schiff. Ces personnalités sont toutes liées aux investigations sur les soupçons de collusion russe lors de la campagne électorale de 2016. Trump a prévenu : « Leurs représailles politiques [de l’administration Biden] étaient légendaires. Nous n’avons pas réagi, mais maintenant, j’ai finalement ‘choisi’ de le faire. »
Le même jour, le *Wall Street Journal* révélait que l’administration Trump envisageait d’utiliser l’Internal Revenue Service (IRS) pour engager des poursuites pénales contre des donateurs démocrates majeurs soutenant des groupes de gauche. Le journal qualifiait cette approche de « militarisation du fisc entré dans une phase accélérée ».
D’autres formes de pression politique sont également mises en œuvre. Le 15 octobre, Donald Trump a annoncé son intention de déployer la Garde nationale dans d’autres villes, faisant suite aux interventions à Los Angeles, Washington, Portland, Chicago et Memphis. Un affrontement est notamment attendu si Zoran Mamdani est élu maire de New York le 4 novembre. Une majorité de sympathisants républicains semblent soutenir ces déploiements : selon un sondage *The Economist/YouGov* du 8 octobre, 75 % d’entre eux seraient favorables à l’envoi de la Garde nationale dans des villes dirigées par des opposants politiques à Trump.
Sur le plan international, des préparatifs d’opérations discrètes sont également en cours. Le 15 octobre, le président américain a donné son approbation à une opération secrète de la Central Intelligence Agency (CIA) au Venezuela. Confirmant une information du *New York Times*, Donald Trump a ajouté : « Nous avons un bon contrôle sur les mers, et maintenant nous regardons la terre. »
Certaines mesures visent à satisfaire les bases les plus fidèles du président. Le 15 octobre, le *New York Times* rapportait que l’administration Trump réexaminerait le système de réfugiés afin de privilégier les candidats blancs anglophones, sud-africains et européens. L’objectif serait de réduire le nombre de réfugiés acceptés chaque année à 7 500, soit 6 % du chiffre de l’année précédente. Russell Bott, directeur du Bureau de la gestion et du budget de la Maison Blanche, a indiqué que plus de 10 000 fonctionnaires seraient licenciés.
Enfin, des spéculations circulent quant à une possible reconfiguration des circonscriptions électorales en faveur du Parti républicain en vue des élections de mi-mandat en novembre. Le *Washington Post* et d’autres médias ont rapporté que la Cour suprême fédérale, à majorité conservatrice, avait laissé entendre, lors d’une audience le 15 octobre sur la légalité du redécoupage électoral en Louisiane, qu’elle pourrait restreindre certaines lois garantissant le droit de vote des minorités. Une décision est attendue pour l’été prochain, avant les élections.