Publié le 2025-10-21 10:42:00. Alors que les entreprises allemandes peinent à recruter, une majorité d’employeurs reconnaissent désormais l’importance primordiale des compétences pratiques face aux diplômes traditionnels. Une étude Stepstone révèle un décalage entre les attentes des recruteurs et les réalités du marché du travail, impactant la satisfaction des employés.
- Trois employeurs sur quatre privilégient désormais les compétences réelles aux qualifications formelles pour évaluer les candidats.
- 87 % des professionnels RH déclarent rencontrer des difficultés à trouver des profils possédant les compétences requises.
- 44 % des salariés expriment leur insatisfaction quant à l’utilisation de leurs compétences en entreprise, alimentant une réflexion sur le changement d’emploi.
À Düsseldorf, le 21 octobre 2025 – Le paysage du recrutement évolue significativement en Allemagne. Une enquête menée par Stepstone auprès de plus de 6 800 employés et 1 000 recruteurs met en lumière une tendance forte : 77 % des entreprises interrogées prévoient de se concentrer davantage sur les compétences concrètes des candidats plutôt que sur leurs diplômes. Cette réorientation est motivée par une pénurie de talents persistante, exacerbée par le fait que 87 % des recruteurs avouent peiner à identifier des candidats détenant les aptitudes nécessaires. Le constat est clair : les approches traditionnelles, axées sur les titres et les CV, ne parviennent plus à cerner efficacement les savoir-faire essentiels tels que les compétences numériques, de communication ou d’analyse.
Malgré cette prise de conscience croissante, une certaine inertie demeure dans les pratiques de recrutement. Près de la moitié des entreprises (43 %) continuent d’exiger des preuves formelles de qualification pour tous les postes, alors que seulement 17 % ont renoncé totalement à cette exigence. Le Dr Julius Probst, expert du marché du travail chez The Stepstone Group, souligne l’urgence de ce changement :
« De nombreux employeurs commencent à réaliser que cette approche les amène à négliger de nombreux talents. Ce qui compte n’est plus ce que quelqu’un a appris il y a des années, mais ce qu’il peut réellement faire aujourd’hui. C’est pourquoi nous avons besoin de nouveaux moyens de rendre les compétences visibles – par le biais de tests pratiques, d’exemples de projets ou d’échantillons de travail. »
Dr Julius Probst, expert du marché du travail chez The Stepstone Group
Ce fossé entre les compétences disponibles et celles recherchées par les employeurs a des répercussions directes sur les salariés. 44 % d’entre eux se disent insatisfaits de la manière dont leurs compétences sont mises à profit, et 38 % estiment que leurs tâches ne correspondent pas à leurs aptitudes. Ce malaise contribue à un taux élevé de réflexions sur le changement d’emploi, puisque 68 % des salariés envisagent cette option au moins plusieurs fois par mois. La pénurie de compétences se révèle ainsi être autant un défi pour le recrutement que le symptôme d’un potentiel humain sous-exploité sur le marché du travail.
Face à ces constats, l’attitude des entreprises semble s’infléchir. Outre la primauté accordée aux compétences pratiques (77 %), une proportion similaire (76 %) d’entreprises compte évaluer plus attentivement les compétences comportementales, comme la communication, le travail d’équipe et la résolution de problèmes. L’essor de l’intelligence artificielle dans le monde professionnel renforce également la demande pour des compétences numériques et technologiques accrues.
Le secteur informatique montre déjà la voie : plus d’un tiers des recruteurs (38 %) ont arrêté d’exiger des qualifications formelles pour certains postes. Cependant, cette évolution est moins marquée dans d’autres secteurs comme la construction (10 %) ou l’éducation (11 %).
« L’évolution vers un recrutement basé sur les compétences n’est pas une tendance passagère mais une nécessité économique », insiste Dr Probst. « À l’avenir, les compétences joueront un rôle encore plus important pour déterminer si les entreprises resteront innovantes et si les employés seront capables de réussir à long terme. »
L’étude « Hiring Trends Update » a été réalisée par Stepstone entre le 10 et le 22 septembre 2025, interrogeant 1 067 recruteurs et 6 857 employés en Allemagne. Elle s’est penchée sur les perceptions, les défis et les priorités en matière de recrutement, ainsi que sur l’évaluation des qualifications formelles, des compétences pratiques et des soft skills. L’échantillon d’employés est représentatif de la main-d’œuvre allemande en termes d’âge, de sexe et d’éducation.
Le Groupe Stepstone est une plateforme mondiale de recrutement numérique. Il met en relation entreprises et talents, et aide les individus à trouver l’emploi qui leur convient. Chaque année, ses marchés de l’emploi basés sur l’IA et ses solutions de marketing programmatique connectent environ 140 millions de candidatures à plus de 130 000 employeurs. En 2024, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 900 millions d’euros. Présent dans plus de 30 pays, dont l’Allemagne (Stepstone), les États-Unis (Appcast) et le Royaume-Uni (Totaljobs), il emploie environ 3 000 personnes dans le monde. Le siège social se trouve à Düsseldorf, en Allemagne. Pour plus d’informations : www.thestepstonegroup.com/english.
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