Home Santé Le cerveau rétrécit davantage chez les hommes que chez les femmes

Le cerveau rétrécit davantage chez les hommes que chez les femmes

0 comments 70 views

Publié le 21 octobre 2025, 14h38. Une étude s’appuyant sur des milliers d’examens IRM révèle que le cerveau masculin perd du volume plus rapidement que le cerveau féminin avec l’âge. Ces observations, bien que surprenantes, ne suffisent pas à expliquer la prévalence plus élevée de la maladie d’Alzheimer chez les femmes.

  • Le cerveau des hommes montre un déclin volumétrique plus marqué dans un plus grand nombre de régions que celui des femmes.
  • Les femmes, quant à elles, présentent d’autres types de changements structurels, comme une expansion plus importante des ventricules cérébraux.
  • Ces différences dans le vieillissement cérébral ne semblent pas être la cause principale de l’incidence accrue de la maladie d’Alzheimer chez les femmes.

Le vieillissement s’accompagne d’une diminution naturelle du volume cérébral, mais une récente analyse de plus de 40 000 IRM d’adultes en bonne santé met en lumière une disparité notable entre les sexes. Les hommes verraient leur cerveau se shrinking plus rapidement, et ce dans davantage de zones, alors même qu’ils sont moins souvent diagnostiqués avec la maladie d’Alzheimer. Cette constatation vient bousculer l’idée reçue selon laquelle une détérioration cérébrale plus importante chez les femmes expliquerait leur risque accru face à cette pathologie.

Les chercheurs de l’Université d’Oslo ont passé au crible les données de 4 726 individus, âgés de 17 à 95 ans, ayant fait l’objet d’au moins deux IRM espacées de plusieurs années. Leur analyse a porté sur l’épaisseur du cortex, la surface des différentes régions cérébrales, le volume de matière grise et blanche, ainsi que les altérations structurelles dans les zones plus profondes du cerveau. Les résultats indiquent une perte de substance cérébrale plus étendue chez les hommes, particulièrement dans le cortex péricalcarin (vision), le parahippocampe et le cuneus (mémoire et orientation), ainsi que dans des zones clés pour le mouvement, la motivation et la mémoire comme le noyau accumbens, le putamen, le pallidum et le thalamus.

Parallèlement, le cerveau féminin connaît des transformations différentes. Les femmes présentent notamment une expansion plus prononcée des ventricules cérébraux, ces cavités remplies de liquide cérébro-spinal. Bien que cela soit également lié au vieillissement, ce changement est perçu comme moins homogène que la perte volumétrique observée chez les hommes. L’hippocampe, essentiel à l’apprentissage et à la mémoire, est initialement touché de manière similaire, mais une analyse tenant compte de l’espérance de vie plus longue des femmes révèle une légère baisse plus importante chez les femmes âgées. Cependant, comme le souligne l’auteure de l’étude, Anne Ravndal, ces variations ne suffisent pas à expliquer l’écart d’incidence de la maladie d’Alzheimer entre les sexes.

D’autres facteurs sont ainsi envisagés pour comprendre pourquoi les femmes sont davantage touchées par la maladie d’Alzheimer. Parmi eux figurent leur espérance de vie plus longue, l’influence plus marquée de l’allèle de risque APOE4 (un facteur génétique) sur les marqueurs de la maladie chez les femmes, et potentiellement les changements hormonaux liés à la ménopause. La relation précise entre ces éléments et la maladie d’Alzheimer reste un domaine de recherche actif. Néanmoins, ces nouvelles données offrent une base solide pour affiner les stratégies de prévention et de diagnostic, en tenant mieux compte des spécificités de chaque sexe face au vieillissement cérébral.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.