Home Économie Lane de la BCE signale un risque lié au dollar américain pour les banques dans un contexte de perturbations tarifaires – The Irish Times

Lane de la BCE signale un risque lié au dollar américain pour les banques dans un contexte de perturbations tarifaires – The Irish Times

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Publié le 21 octobre 2025. Les banques de la zone euro pourraient être confrontées à des turbulences en cas de raréfaction du financement en dollars, a alerté Philippe Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE). Cette mise en garde survient dans un contexte de tensions géopolitiques et commerciales accrues, notamment liées aux politiques du président américain Donald Trump.

  • Un tarissement du financement en dollars, indispensable aux marchés financiers, mettrait sous pression les banques de la zone euro, en raison de leur exposition significative à cette devise.
  • Philippe Lane a souligné que, bien que les banques européennes aient jusqu’à présent bien géré les perturbations, un changement soudain dans les flux de dollars pourrait limiter leur capacité de prêt à l’économie réelle.
  • La BCE recommande aux banques de surveiller activement leur exposition au dollar et de réduire les déséquilibres entre leurs actifs et leurs passifs libellés dans cette monnaie.

Les préoccupations concernant la disponibilité du financement en dollars sont palpables chez les banquiers centraux depuis que Donald Trump a annoncé une série de droits de douane et exercé des pressions sur la Réserve fédérale américaine (Fed) plus tôt cette année. M. Lane a précisé que les banques de la zone euro affichaient une exposition notable au dollar, celle-ci représentant entre 7 % et 28 % de leurs passifs totaux et 10 % de leurs actifs au deuxième trimestre 2025.

L’économiste en chef de la BCE a mis en garde contre la possibilité de « changements soudains » dans ces expositions nettes, qui pourraient potentiellement entraver les prêts des banques à l’économie. « Une probabilité accrue d’un tel événement à risque générerait alors des pressions des deux côtés des bilans des banques et potentiellement une pression à la baisse sur les expositions au bilan comme les prêts à l’économie réelle », a-t-il expliqué.

Traditionnellement, les banques européennes se procurent des dollars auprès d’institutions financières américaines. Ce mode de financement est considéré comme moins stable en période de crise que les dépôts, dont les flux évoluent plus lentement. Par conséquent, les superviseurs de la BCE ont instruit les banques de renforcer leur surveillance de leurs expositions au dollar et de corriger tout déséquilibre entre leurs actifs (tels que les prêts) et leurs dettes contractées.

Face à ces risques, les banquiers centraux hors des États-Unis ont même évoqué la possibilité de mutualiser leurs réserves en dollars pour soutenir les banques en cas de retrait des lignes de swap d’urgence par la Fed. Cependant, une telle coopération, outre ses difficultés politiques, pourrait s’avérer insuffisante étant donné l’ampleur du marché international des prêts libellés en dollars.

Pour prévenir une « compression du dollar », la Réserve fédérale maintient des lignes de swap avec d’autres banques centrales depuis la crise financière de 2008. Ces mécanismes permettent aux banques commerciales étrangères d’emprunter des dollars auprès de leur banque centrale nationale lorsqu’elles peinent à en trouver sur le marché. Philippe Lane a souligné que les banques de la zone euro avaient renforcé leurs réserves de liquidités en dollars, leur ratio de couverture des liquidités (LCR) passant d’environ 85 % fin 2021 à plus de 110 % actuellement. Un LCR supérieur à 100 % signifie qu’une banque dispose de suffisamment d’actifs liquides pour couvrir ses sorties nettes de trésorerie sur une période de 30 jours en cas de tension.

Ces mesures ont permis aux banques de résister aux pressions lors des turbulences du marché en avril, notamment lorsque la vente simultanée de bons du Trésor américain et l’affaiblissement du dollar ont privé les banques de leur couverture habituelle contre les pertes potentielles. « Depuis que le système bancaire de la zone euro a progressé dans l’augmentation de ses LCR en dollars ces dernières années, il n’a pas connu de tensions de liquidité importantes, même au plus fort de la volatilité des taux de change début avril, même si cet épisode a pu modifier l’algèbre de la gestion des liquidités pour le reste de l’année », a conclu Philippe Lane.

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