Voici une proposition d’article :
« 5 fruits et légumes par jour » : cette recommandation nutritionnelle, gravée dans nos esprits, est-elle toujours d’actualité ? Lancée dans les années 1990 aux États-Unis, puis adoptée en Allemagne en 2000, cette initiative visait à améliorer la santé publique en augmentant la consommation de fruits et légumes, particulièrement pour prévenir certains cancers. Mais plus de deux décennies après son introduction, le constat est clair : les Allemands en consomment encore trop peu.
### Un objectif louable, une réalité décevante
La campagne « 5 par jour », portée en Allemagne par la Société allemande du cancer (DKG) et la Société allemande de nutrition (DGE), s’appuyait sur une règle simple et mémorisable : cinq portions de fruits et légumes par jour, chaque portion correspondant à ce que l’on peut tenir dans sa main. L’idée était de faciliter l’adoption de bonnes habitudes, même chez les enfants. Ce programme visait à inclure crudités, légumes cuits, fruits frais et secs, légumineuses, noix et jus de fruits, avec une préconisation initiale de trois portions de légumes pour deux de fruits.
Cependant, malgré les efforts d’information et de sensibilisation, notamment dans les écoles et les jardins d’enfants, les résultats sont loin d’être à la hauteur des attentes. Le Rapport nutritionnel de la DGE de 2020 révélait que les femmes ne consommaient en moyenne que 3,1 portions de fruits et légumes par jour, et les hommes 2,4 portions. Seuls 15 % des femmes et 7 % des hommes atteignaient les cinq portions recommandées. Face à ces chiffres, l’association « 5 am Tag e. V. » qui portait l’initiative, a été dissoute en 2023, laissant place à de nouvelles recommandations.
### Fruit ou légume : quelle distinction ?
La question de la distinction entre fruits et légumes, autrefois pertinente, mérite d’être abordée. Les fruits, plus riches en sucre naturel (fructose), peuvent, en cas de consommation excessive, présenter des risques pour la santé, tels que le diabète, les maladies du foie ou cardiovasculaires. Il est cependant essentiel de différencier le fructose ajouté, utilisé comme édulcorant dans les aliments transformés, du fructose naturellement présent dans les fruits. La DGE rappelle que le fructose des fruits, consommé dans le cadre d’une alimentation équilibrée, est considéré comme inoffensif.
« Manger des fruits dans les portions habituelles fait partie d’une alimentation équilibrée. […] La nutrition est inoffensive. Le développement possible d’une maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD, anciennement appelée stéatose hépatique non alcoolique) est principalement causé par une consommation excessive de fructose et de sirops de maïs contenant du fructose dans les aliments et boissons hautement transformés. […] discuté. »
Société allemande pour la nutrition
### Évolutions des recommandations : la DGE et l’OMS s’accordent sur l’essentiel
Début 2024, la Société allemande pour la nutrition (DGE) a actualisé ses recommandations. Si l’objectif de cinq portions de fruits et légumes par jour est maintenu, la répartition précise entre fruits et légumes n’est plus aussi stricte. L’accent est désormais mis sur la diversité des couleurs et la consommation globale.
« Les fruits et légumes fournissent beaucoup de vitamines, de minéraux, de fibres et de substances végétales secondaires. Ils sont bons pour la santé et contribuent à la satiété. Consommez au moins 5 portions de fruits et légumes par jour, de préférence pendant leur saison de récolte respective. »
DGE
La DGE propose des valeurs de référence : 550 grammes de fruits et légumes par jour (soit 5 portions de 110 grammes), 200 grammes de jus par semaine, 125 grammes de légumineuses par semaine, et 25 grammes de noix et graines par jour.
De son côté, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande de consommer plus de 400 grammes de fruits et légumes par jour. Cette recommandation vise à améliorer la santé globale et à réduire le risque de maladies non transmissibles.
Les différences entre les deux organisations résident dans leurs approches : la DGE intègre des critères environnementaux et de réduction des maladies, tandis que l’OMS se concentre sur la prévention du cancer et l’augmentation générale de la consommation. L’essentiel demeure : viser au minimum 400 grammes de fruits et légumes quotidiennement.
Des études, comme une menée en Angleterre, suggèrent même que consommer sept portions ou plus par jour pourrait réduire significativement le risque de décès.
### Conclusion : une règle simple, un objectif persistant
Bien que l’initiative « 5 par jour » ait évolué, le principe fondamental d’une alimentation riche en fruits et légumes reste une pierre angulaire d’une vie saine et durable. La règle des « cinq poignées » par jour demeure un repère utile et mémorisable. L’important est d’atteindre cette quantité, voire de la dépasser, sans se mettre de pression excessive, car une alimentation saine doit avant tout être un plaisir.