Publié le 2025-10-23 13:48:00. La Belgique a menacé de bloquer l’utilisation des avoirs russes gelés pour soutenir l’Ukraine, exigeant un partage des risques et des garanties de remboursement. Cette position, exprimée par le Premier ministre Bart de Wever lors d’un sommet européen à Bruxelles, contraste avec l’optimisme affiché par d’autres dirigeants de l’Union européenne.
- La Belgique refuse d’engager les avoirs russes gelés pour l’Ukraine sans un partage intégral des risques financiers et des garanties de restitution.
- Le Premier ministre Bart de Wever a averti qu’il userait de tous les moyens politiques et juridiques pour empêcher cette décision si ses exigences ne sont pas satisfaites.
- Malgré les préoccupations belges, plusieurs dirigeants européens, dont le Premier ministre finlandais et le président du Conseil européen, se montrent optimistes quant à un accord.
Lors du sommet de l’Union européenne à Bruxelles, le Premier ministre belge Bart de Wever a clairement exposé ses conditions pour le recours aux avoirs russes gelés au profit de l’Ukraine. Il a insisté sur la nécessité d’un « partage complet du risque » et de « garanties que s’il est nécessaire de restituer l’argent, chaque État participant apportera sa contribution ». M. de Wever a déploré le silence de certains pays détenant des « sommes d’argent russes » considérables, soulignant que « si nous agissons, alors nous agissons tous ensemble. C’est la solidarité européenne ».
Le dirigeant belge a affirmé que toute avancée sur ce dossier dépendait de la satisfaction de ces trois exigences, qu’il juge « tout à fait raisonnables ». Il a ajouté : « Sinon, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir – aux niveaux européen et national – politiquement et juridiquement pour empêcher cette décision. »
Des divergences d’opinions au sein de l’UE
Bart de Wever a également interpellé la Commission européenne pour qu’elle fournisse une « base juridique » solide au projet d’utilisation des actifs russes. Il a rappelé que même durant la Seconde Guerre mondiale, les avoirs gelés n’avaient pas été touchés. Il s’est dit « surpris » par la perspective d’un accord immédiat, tout en concédant que « des miracles se sont déjà produits auparavant ».
Cette position belge semble rencontrer un écho favorable chez certains, comme le leader de la CDU allemande, Friedrich Merz, qui partage ces préoccupations mais reste orienté vers une « solution commune ». Cependant, l’optimisme prévaut chez d’autres responsables européens. Le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo, a déclaré être arrivé au sommet avec une solution « légalement durable et qui prend en compte les intérêts de la Belgique ». Cet optimisme est partagé par le président du Conseil européen, Antonio Costa, qui a indiqué que le sommet prendrait « une décision politique pour garantir les besoins financiers de l’Ukraine pour 2026 et 2027, y compris des fonds pour l’achat de matériel militaire ».