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L’Irlande a dépensé 2,5 millions d’euros pour expulser 318 personnes de l’État

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Publié le 24 octobre 2025. L’Irlande a engagé plus de 2,5 millions d’euros pour expulser 318 personnes depuis le début de l’année, selon des chiffres officiels révélés cette semaine. L’ensemble des coûts d’expulsion depuis 2021 s’élèvent à plus de 5 millions d’euros pour un total de 617 personnes.

  • Plus de 2,5 millions d’euros dépensés pour expulser 318 personnes de janvier au 17 octobre 2025.
  • Un vol affrété vers le Pakistan a coûté 473 000 euros à lui seul.
  • Le gouvernement met en avant la complexité et le coût des procédures d’expulsion, tout en encourageant le retour volontaire.

Les données, issues d’une réponse à une question parlementaire posée par le député Eoin Hayes, détaillent les coûts associés aux expulsions réalisées par l’Irlande depuis 2021. Ces chiffres mettent en lumière un coût moyen par personne expulsée s’élevant à plus de 7 900 euros pour l’année 2025.

Sur les 318 personnes expulsées cette année jusqu’au 17 octobre, 140 l’ont été via des vols commerciaux et 130 via des vols affrétés. Les raisons invoquées couvrent diverses situations, notamment les ordres de transfert Dublin III vers d’autres pays de l’Union européenne, les expulsions de citoyens de l’UE pour motif criminel ou encore les interdictions de territoire en vertu de la loi sur la protection internationale.

Les cinq vols affrétés cette année ont eu des coûts variés. Parmi eux, un vol aller-retour vers le Nigeria en juin a coûté 324 714 €, et un autre vers le Pakistan en septembre a atteint 473 000 €. Un vol vers la Géorgie en février a coûté 102 476 €, un second vers la même destination en mai a coûté 103 751 €, et un aller simple vers la Roumanie s’est élevé à 69 475 €. Le coût total de ce dernier vol n’est pas encore finalisé.

Le Ministre d’État au ministère de la Justice, Colm Brophy, a justifié ces coûts élevés par plusieurs facteurs. Il a précisé que les services annexes, tels que l’assistance au sol, la présence de paramédicaux à bord et la gestion du vol, ont représenté 73 255 € en 2025. Pour les vols commerciaux, les coûts incluent le trajet, souvent long et via des hubs, ainsi que le retour des escortes accompagnant les personnes expulsées lorsque des vols aller simple sont utilisés.

« Les coûts liés à la fourniture de services de vol charter tels que les services d’assistance au sol, les ambulanciers paramédicaux à bord et un gestionnaire de vol se sont élevés jusqu’à présent à 73 255 € en 2025. Le chiffre pour les vols commerciaux comprend à la fois les coûts de vol (souvent via des hubs et longue distance) pour les opérations de renvoi terminées, ainsi que les coûts de retour des escortes accompagnantes en Irlande lorsqu’un vol charter aller simple est utilisé. »

Colm Brophy, ministre d’État au ministère de la Justice

Le ministre a également souligné que le nombre de voyageurs, la destination, la nécessité de transiter par un aéroport central en l’absence de vols directs, ainsi que la potentielle résistance d’une personne à l’expulsion nécessitant des escortes supplémentaires, impactent le coût final. La sécurité des escortes peut également imposer des dispositions de retour sur le même vol, augmentant ainsi les dépenses.

« Les expulsions sont coûteuses et complexes à mettre en œuvre. Le retour volontaire des personnes est l’option privilégiée, et mon ministère dispose d’un programme de retour volontaire pour aider les personnes à revenir avant l’émission d’un ordre d’expulsion. Une personne ne peut bénéficier du retour volontaire qu’avant qu’un ordre d’expulsion ne soit émis, et j’ai augmenté les ressources de ce programme pour permettre aux personnes qui souhaitent revenir avant qu’un ordre d’expulsion ne leur soit émis. »

Colm Brophy, ministre d’État au ministère de la Justice

Colm Brophy a affirmé que l’application des arrêtés d’expulsion est « une condition essentielle pour que le système fonctionne efficacement » et pour maintenir la confiance du public. Il a précisé que si une personne ne quitte pas le territoire après un ordre d’expulsion, elle sera expulsée, et que des mesures ont été prises pour renforcer les contrôles migratoires et augmenter le nombre d’expulsions.

En 2024, 2 403 arrêtés d’expulsion ont été signés, soit une augmentation de 180 % par rapport à 2023 (857 arrêtés). Jusqu’au 17 octobre 2025, 3 583 arrêtés ont été signés. Les cinq vols charters réalisés cette année ont permis d’expulser 153 personnes, dont 130 vers des destinations hors UE et 23 citoyens de l’UE pour des motifs criminels.

Le ministère de la Justice est également en mesure de récupérer certains coûts grâce au Fonds d’asile, de migration et d’intégration de l’Union européenne. Depuis 2016, et à nouveau avec un nouveau fonds ouvert en 2024, des fonds ont été récupérés pour les frais de vols commerciaux, et une demande pour les frais d’affrètement sera bientôt lancée.

Durant la pandémie de COVID-19, un « moratoire sur les expulsions » a été en place, n’autorisant l’expulsion que des personnes dont la présence était jugée contraire à l’intérêt public. Ce moratoire, levé en juillet 2022, avait entraîné des surcoûts de déplacement et limité les expulsions aux cas les plus urgents. La procédure standard, lorsqu’elle est réalisée par des compagnies commerciales, vise à renvoyer la personne vers son pays d’origine.

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