Une toxine bactérienne, impliquée dans les infections urinaires, pourrait accroître le risque de cancer de la vessie. Une découverte majeure qui pourrait mener à une surveillance accrue des personnes souffrant d’infections récidivantes.
Les infections urinaires, un fléau touchant chaque année 150 millions de personnes dans le monde, pourraient cacher un risque insoupçonné. Des chercheurs ont en effet mis en lumière le rôle potentiellement cancérigène d’une toxine produite par la bactérie intestinale Escherichia coli (E. coli), communément appelée colibactine. Cette substance, déjà connue pour son rôle dans l’inflammation et les dommages tissulaires, pourrait désormais être associée à un risque accru de développer un cancer de la vessie.
Pour élucider les mécanismes d’action de cette toxine, une équipe scientifique a mené des expériences sur un modèle animal. Les résultats sont sans équivoque : chez la souris, la colibactine provoque des lésions de l’ADN au sein des cellules tapissant la vessie. Ces altérations génétiques ouvrent la voie à des mutations. Bien qu’une preuve scientifique directe n’ait pas encore été établie chez l’homme, les auteurs de l’étude émettent une hypothèse forte : « il est probable que (ces mutations) soient associées à un risque accru de cancer de la vessie ».
Face à l’ampleur du problème des infections urinaires, les scientifiques appellent à une vigilance renforcée. Ils souhaitent « inciter à une surveillance plus importante et plus ciblée des personnes sujettes à infections urinaires récurrentes ». L’idée serait de mettre en place un dépistage systématique. « Une recherche systématique des marqueurs de la colibactine dans leurs urines », concluent les chercheurs, pourrait permettre de mieux identifier les individus à risque et de proposer une prise en charge préventive ou adaptée.
Cette recherche a été menée par des scientifiques de l’Inserm, du CHU de Toulouse, d’INRAE, de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier et de l’École nationale vétérinaire de Toulouse.