Publié le 2025-10-25 00:20:00. Le juge Ivo Rosa a contredit la position du ministère public dans le cadre de l’Opération Picoas en ordonnant le dégel d’un compte bancaire contenant 4,3 millions d’euros, considérés par l’enquête comme issus de délits de corruption et de fraude liés à l’affaire Altice.
- Un compte bancaire d’environ 4,3 millions d’euros, gelé dans le cadre de l’Opération Picoas, a été débloqué par décision du juge Ivo Rosa.
- Cette décision s’oppose à celle du ministère public, qui estimait que les fonds provenaient de corruption, fraude et blanchiment d’argent liés à l’affaire Altice.
- La défense de l’un des principaux suspects, Hernâni Vaz Antunes, a obtenu gain de cause en appel auprès du juge d’instruction.
La décision du juge Ivo Rosa, rapportée par SIC Notícias ce vendredi 24 octobre 2025, ordonne la levée immédiate du gel du compte bancaire détenu par la société Smartdev. Ce compte abritait 4,3 millions d’euros, que le ministère public suspectait d’être le fruit d’activités illicites dans le cadre de l’Opération Picoas, une enquête portant sur des faits présumés de corruption, fraude et blanchiment d’argent impliquant le groupe Altice.
Les fonds, d’un montant de 4,3 millions d’euros, ont été déposés sur le compte de Smartdev, une entreprise dirigée par Hernâni Vaz Antunes. Ce dernier est un homme d’affaires soupçonné d’avoir corrompu Armando Pereira, co-fondateur d’Altice, et considéré comme l’un des principaux accusés de l’Opération Picoas. En mars 2025, la banque Banco Carregosa avait alerté le ministère public d’un transfert suspect de 1,7 million d’euros de Smartdev vers BIAH Investimentos Imobiliários, une société appartenant à la fille de Hernâni Vaz Antunes.
Les procureurs avaient interprété ce mouvement financier comme une tentative de blanchiment d’argent. Selon leur analyse, les 4,3 millions d’euros sur le compte de Smartdev provenaient de deux sources : 2 millions d’euros issus d’AGENTIFAI, un fonds d’investissement contrôlé par Hernâni Vaz Antunes, et le reste du remboursement de papier commercial de SAD Porto. Ces fonds auraient, selon l’accusation, été générés par des contrats truqués avec Altice, des transactions douteuses et la vente d’anciennes propriétés de PT.
Initialement, le juge d’instruction criminelle Jorge Bernardes de Melo avait validé la position du ministère public, estimant qu’il existait des indices probants de corruption, fraude qualifiée et blanchiment d’argent, justifiant ainsi le gel du compte. Cependant, la défense de Hernâni Vaz Antunes a interjeté appel, et le juge Ivo Rosa lui a donné raison. Le magistrat a estimé que le parquet et le juge d’instruction n’avaient pas suffisamment étayé la mesure de gel appliquée. Il a conclu : « Il n’est pas possible, compte tenu de l’absence totale d’éléments probants et factuels, de conclure que la présence de preuves concernant la commission du délit et que les opérations bancaires effectuées sur le compte bancaire soient des manœuvres destinées à intégrer les montants en question dans l’économie légale. »