Publié le 2025-10-25 02:29:00. Un nouveau médicament non hormonal, l’élinzanetant, pourrait révolutionner le traitement des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes chez les femmes ménopausées. Son efficacité significative et sa bonne tolérance ont été confirmées par une étude internationale, ouvrant la voie à une nouvelle option thérapeutique.
- L’élinzanetant, développé par Bayer, réduit de plus de 70 % la fréquence et la gravité des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes chez les femmes ménopausées.
- Il agit comme un double antagoniste des récepteurs de la neurokinine 1 et 3, offrant une alternative non hormonale aux thérapies traditionnelles.
- Les études indiquent une amélioration de la qualité de vie et du sommeil, avec des effets secondaires généralement légers à modérés.
La ménopause, une étape physiologique marquante chez la femme, se caractérise par la fin de la fonction ovarienne et l’arrêt des menstruations, généralement entre 45 et 55 ans. Elle entraîne une cascade de changements, dont les symptômes vasomoteurs (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes) sont parmi les plus incommodants, affectant la qualité de vie de millions de femmes à travers le monde. Traditionnellement, la hormonothérapie substitutive est le traitement de référence, mais elle ne convient pas à toutes en raison de contre-indications ou de préférences personnelles.
C’est dans ce contexte qu’intervient l’élinzanetant. Une étude clinique internationale, baptisée OASIS-3 et publiée dans la revue JAMA Internal Medicine, a démontré son efficacité. Les femmes ayant reçu le traitement ont rapporté une diminution de 73,8 % de la fréquence et de la gravité de ces symptômes après 12 semaines, contre 47 % pour le groupe placebo. Au terme de 52 semaines, le nombre moyen d’épisodes quotidiens était tombé à 1,4 chez les patientes traitées.
L’élinzanetant a déjà obtenu l’approbation au Royaume-Uni et au Canada. Aux États-Unis, la société pharmaceutique Bayer a annoncé une avancée majeure avec l’approbation par la FDA (Food and Drug Administration) de ce qui est décrit comme la « première et unique bithérapie ciblant les récepteurs des neurokinines 1 et 3 approuvée pour le traitement des bouffées de chaleur modérées à sévères dues à la ménopause ».
« L’approbation de l’élinzanetant par la FDA représente une nouvelle option importante pour les femmes et les professionnels de la santé traitant les bouffées de chaleur modérées à sévères dues à la ménopause. Nous sommes fiers de lancer cette nouvelle option de traitement pour les femmes ménopausées et cherchant à soulager leurs bouffées de chaleur. »
Yesmean Wahdan, responsable des affaires médicales aux États-Unis et en Amérique du Nord chez Bayer
L’étude OASIS-3 a suivi plus de 600 femmes ménopausées âgées de 40 à 65 ans, présentant des symptômes vasomoteurs modérés à sévères, pendant 52 semaines. Les résultats suggèrent une amélioration numérique de la qualité de vie et du sommeil, bien que ces aspects n’aient pas été l’objectif principal de l’essai. Des chercheurs, dont la Dre JoAnn Pinkerton, ont souligné la persistance des effets bénéfiques sur le long terme, offrant un « soulagement durable ».
Sur le plan de la sécurité, l’étude n’a révélé aucune association avec des événements hépatiques, utérins ou osseux graves. Les effets secondaires les plus fréquemment rapportés étaient la somnolence, la fatigue et les maux de tête, généralement d’intensité légère à modérée. Le taux d’abandon en raison de ces effets était de 12,5 % dans le groupe traité, contre 4,1 % dans le groupe placebo.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rappelle que la ménopause est une transition qui impacte la santé physique, émotionnelle et sociale des femmes, un sujet encore trop souvent tabou. Elle souligne la nécessité d’améliorer l’information et l’accès aux soins. Jusqu’à 80 % des femmes ménopausées souffrent de bouffées de chaleur et de sueurs nocturnes, des symptômes pouvant durer une dizaine d’années et affecter significativement le quotidien. L’élinzanetant pourrait ainsi constituer une « option de première intention » pour de nombreuses femmes, y compris celles traitées pour un cancer du sein.
Les données de l’OMS indiquent une augmentation de la population mondiale de femmes ménopausées, représentant 26 % de la population féminine mondiale en 2021. La ménopause peut également être induite par des interventions médicales, comme certaines chirurgies ou traitements oncologiques, rendant la recherche de solutions thérapeutiques non hormonales d’autant plus cruciale.
Symptômes physiques et émotionnels liés à la ménopause :
- Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes.
- Modifications du cycle menstruel.
- Sécheresse vaginale, dyspareunie et incontinence urinaire.
- Insomnie et troubles du sommeil.
- Troubles de l’humeur (dépression, anxiété, irritabilité).
- Modification de la composition corporelle (prise de poids, risque d’ostéoporose).
- Affaiblissement du soutien pelvien.
- Risque cardiovasculaire accru.
Recommandations de l’OMS pour la périménopause et la postménopause :
- Maintenir les méthodes contraceptives jusqu’à un an après les dernières règles.
- Consulter un professionnel de santé si les symptômes affectent la qualité de vie.
- Évaluer les options de traitement hormonales et non hormonales personnalisées.
- Ne pas négliger la prévention des infections sexuellement transmissibles.
- Considérer la ménopause comme une occasion d’adopter un mode de vie sain pour un vieillissement optimal.