Home Accueil Armando.Info : cette lettre oubliée à la chancellerie de Maduro a révélé les liens entre le chavisme et le Hezbollah

Armando.Info : cette lettre oubliée à la chancellerie de Maduro a révélé les liens entre le chavisme et le Hezbollah

0 comments 87 views

Publié le 2025-10-26 11:01:00. Une missive diplomatique vénézuélienne, longtemps enfouie, révèle les liens étroits entre le Venezuela de Chávez et le Hezbollah, mis au jour lors d’une saisie de drogue au Liban en 2010. Ces révélations, corroborées par des experts lors d’une audition au Sénat américain, jettent un éclairage nouveau sur le soutien logistique et financier apporté par Caracas à l’organisation chiite.

  • Une lettre du ministère vénézuélien des Affaires étrangères détaille la capture de Vénézuéliens et de Libanais transportant 50 kg de cocaïne destinée au Hezbollah en 2010.
  • Des experts ont confirmé au Sénat américain la coopération entre le Venezuela et le Hezbollah, impliquant la fourniture de passeports et le blanchiment d’argent.
  • La cargaison de cocaïne, d’un total de 255 kg saisis au Liban, aurait transité par la Syrie avant d’atteindre sa destination, avec la complicité présumée d’autorités aéroportuaires.

L’histoire de cette alliance discrète remonte à 2010, sous la présidence d’Hugo Chávez. À cette époque, Nicolas Maduro occupait le poste de ministre des Affaires étrangères. Bien que les sombres perspectives de la maladie de Chávez et du futur régime de Maduro fussent encore lointaines, leur implication dans une coopération avec le Hezbollah, milice chiite libanaise soutenue par l’Iran, avait déjà laissé des traces inquiétantes. Cette relation, qualifiée de « société non sacrée », n’a jamais été entièrement dévoilée jusqu’à présent.

Des experts ont récemment souligné lors d’une audition spéciale au Sénat américain que depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez en 1999, le Venezuela a entretenu une coopération visible avec l’Iran et une autre, plus occulte, avec le Hezbollah. Ces liens auraient été approfondis par Nicolas Maduro à partir de 2013. Des opérations telles que la livraison de plus de 10 000 passeports vénézuéliens à des membres présumés de groupes islamiques radicaux, ou encore l’octroi de zones franches dans l’État de Nueva Esparta pour des activités de blanchiment d’argent et de financement du Hezbollah, ont été évoquées.

C’est dans les archives de la « Maison Jaune », l’ancien siège du ministère vénézuélien des Affaires étrangères à Caracas, que la lettre compromettante a été découverte. Ce document, préparé par le corps diplomatique vénézuélien et obtenu par le média Armando.info avec le soutien du Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), relate la saisie au Liban d’un groupe de Vénézuéliens et de « citoyens libanais » transportant 50 kilogrammes de cocaïne. L’argent issu de la vente de cette drogue était vraisemblablement destiné à financer le Hezbollah.

La presse libanaise avait rapporté en septembre 2010 la saisie de 255 kilogrammes de cocaïne et le démantèlement d’un réseau opérant entre le Venezuela et le Liban. Les informations fournies par le Bureau de contrôle des drogues libanais étaient toutefois limitées, se résumant aux initiales des personnes impliquées et à l’itinéraire de la cargaison : Venezuela, Damas (Syrie), puis le sud de Beyrouth.

La lettre envoyée par l’ambassadeur du Venezuela au Liban, Zoed Karam Duaijin, au vice-ministre des Affaires étrangères de l’époque, Témir Porras, a permis de clarifier certains points restés dans l’ombre. Le diplomate y mentionnait les noms des personnes impliquées et citait le Bureau libanais de contrôle des drogues : « l’un des détenus, interrogé, a avoué qu’ils formaient un gang appartenant au Hezbollah dirigé par Mohamad Hassan Saleh, qui a réussi à fuir », selon la missive.

De plus, la lettre révélait que la drogue faisait partie d’une cargaison de 250 kg qui aurait été expédiée du Venezuela par la compagnie aérienne Conviasa, via le vol Caracas-Damas. Cette opération aurait bénéficié de la complicité d’autorités aéroportuaires des deux pays, avant le transport final vers le Liban.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.