Publié le 26 octobre 2025 à 13h37. Le grand magasin Globus, déjà en difficulté financière depuis des années, est au bord du gouffre. Alors que Migros attend le remboursement d’un prêt de 125 millions de francs suisses, son propriétaire thaïlandais, le groupe Central, refuse d’injecter de nouveaux fonds, plaçant l’enseigne historique face à sa crise la plus grave.
- Le groupe Central, propriétaire de Globus depuis 2023, ne souhaite pas investir davantage dans la chaîne de grands magasins.
- Un prêt de 125 millions de francs suisses, accordé par Migros lors de la vente en 2020, arrive à échéance en mai 2026 et Globus peine à trouver les fonds pour le rembourser.
- Les coûts de location du vaisseau amiral de la Bahnhofstrasse à Zurich, s’élevant à environ 25 millions de francs suisses par an, pèsent lourdement sur les finances de l’entreprise.
La situation financière de Globus est critique. Le grand magasin, appartenant désormais en exclusivité au conglomérat thaïlandais Central Group depuis le rachat des parts de Signa en 2023, traverse une zone de turbulences majeure. Selon des informations rapportées par la « NZZ am Sonntag », Globus doit rembourser un prêt de 125 millions de francs suisses à Migros d’ici mai 2026. Cependant, le propriétaire actuel, le groupe Central, semble peu enclin à renflouer les caisses de l’enseigne, déjà déficitaire depuis plusieurs exercices.
Cette situation met en péril l’avenir de cette institution du commerce de détail suisse, dont l’histoire remonte à 1892. Aucune confirmation officielle n’a été apportée par Globus à ce jour concernant ces difficultés financières.
Une vente sous le signe de la crise du Covid-19
L’origine de ce prêt remonte à la période de la pandémie de Covid-19. Au printemps 2020, Migros avait cédé sa chaîne de grands magasins Globus à un consortium formé par le groupe thaïlandais Central et le groupe autrichien Signa, propriété de l’investisseur René Benko. Le montant de cette transaction s’élevait à environ un milliard de francs suisses. Dans le cadre de ce financement, Migros avait accordé un prêt de 125 millions de francs suisses aux nouveaux acquéreurs, destiné à faciliter la transition dans un contexte économique tendu pour le secteur du commerce de détail.
Suite à la chute de l’empire Signa, le groupe Central a repris l’intégralité des parts de Globus en 2023. La responsabilité financière repose désormais entièrement sur les épaules du propriétaire thaïlandais. Cependant, la « NZZ am Sonntag » indique que le groupe Central ne souhaite plus injecter de capitaux supplémentaires, jetant une ombre sur la pérennité de l’enseigne.
Un nouveau management sous haute tension
Après le départ de Franco Savastano, c’est Pierluigi Cocchini, déjà à la tête de la chaîne italienne La Rinascente, qui a pris les rênes stratégiques de Globus début 2025. Le groupe Central comptait sur son expertise pour redresser rapidement les finances de l’entreprise. Toutefois, les résultats tardent à se matérialiser, Globus continuant d’afficher des pertes. La restructuration semble s’orienter vers des mesures d’austérité et des campagnes promotionnelles agressives.
Le marketing, l’offre produit et la stratégie de prix sont de plus en plus coordonnés avec ceux de La Rinascente. Cette intégration laisse peu de marge de manœuvre aux dirigeants suisses, Globus devenant de facto une filiale d’un groupe international dont les décisions stratégiques sont prises à l’étranger.
Critiques sur la réorientation culinaire et les coûts immobiliers
La division Delicatessa, pilier gastronomique de Globus, serait également sous pression. Plusieurs équipes expérimentées auraient quitté l’entreprise, notamment dans le secteur des produits frais. Des discussions évoqueraient un passage à des produits davantage préparés et emballés, sacrifiant ainsi la qualité au profit de la simplification. Le blog financier zurichois « Inside Paradeplatz » souligne que le secteur de la restauration est un indicateur clé de la santé des grands magasins. Le restaurant Bella Vista du Globus Bellevue, par exemple, a dû fermer ses portes peu de temps après son inauguration, laissant place à un « vide béant » plutôt qu’à une activité florissante.
La « NZZ » partage également ce constat, qualifiant l’offre gastronomique du Globus Bellevue d’« échec », avec des salles vides, une ambiance inexistante et une clientèle peu au rendez-vous.
Vous trouverez ici du contenu externe supplémentaire. Si vous acceptez que les cookies soient définis par des fournisseurs externes et que les données personnelles soient ainsi transmises à des fournisseurs externes, vous pouvez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.
Un loyer exorbitant sur la Bahnhofstrasse
L’un des défis majeurs pour Globus concerne le bail de son navire amiral situé sur la prestigieuse Bahnhofstrasse à Zurich. Les coûts de location annuels s’élèveraient à environ 25 millions de francs suisses, représentant près de 17 % du chiffre d’affaires. Dans le secteur, un taux de 9 à 10 % est généralement considéré comme le plafond de viabilité pour les frais de location.
À Bâle également, l’engagement de Globus pèse sur les finances du propriétaire thaïlandais. Après trois ans de rénovations, le magasin rouvrira ses portes fin octobre 2025. Un important projet de transformation a été mené derrière les façades historiques, visant à raviver le lustre de la marque. Le coût de ce chantier s’élèverait à plus de 170 millions de francs suisses, soulevant des interrogations quant à la rentabilité de ces investissements ambitieux dans un marché en mutation.
L’économie aujourd’hui
Recevez les nouvelles les plus importantes de l’économie ainsi que les meilleures informations et analyses de base.
Edgar Schuler est rédacteur au bureau d’information et rédige régulièrement le bulletin d’information «Der Morgen».
Plus d’informations
Vous avez trouvé une erreur ?Signalez-le maintenant.