Publié le 26 octobre 2025. Des médicaments initialement conçus pour le diabète et l’obésité montrent un potentiel prometteur dans la lutte contre les addictions, selon une nouvelle étude. Ces avancées pourraient offrir de nouvelles voies thérapeutiques face à des troubles de plus en plus répandus.
- Les agonistes des récepteurs du Glucagon-Like Peptide-1 (GLP-1RA), déjà utilisés pour le diabète et l’obésité, pourraient aider à réduire la consommation d’alcool et de drogues.
- Des recherches préliminaires chez l’animal et chez l’homme indiquent un impact positif sur les circuits cérébraux liés à la dépendance.
- Les options de traitement actuelles pour les troubles liés à l’usage de substances sont limitées et ne répondent pas pleinement aux besoins de santé publique.
Une classe de médicaments déjà prescrite pour le traitement du diabète et de l’obésité pourrait révolutionner la prise en charge des addictions. C’est la conclusion d’une nouvelle étude publiée dans le Journal de la Société endocrinienne, qui met en lumière le potentiel des agonistes des récepteurs du Glucagon-Like Peptide-1 (GLP-1RA) pour lutter contre la dépendance à l’alcool et à d’autres substances.
Ces médicaments, reconnus pour leur capacité à réguler l’appétit et à favoriser la perte de poids, semblent agir également sur les mécanismes cérébraux qui sous-tendent les comportements addictifs. L’activation des récepteurs GLP-1 dans le système nerveux central joue un rôle clé dans la régulation de la satiété, un processus qui peut être altéré chez les personnes souffrant de troubles addictifs.
« Les premières recherches chez les animaux et les humains suggèrent que ces traitements pourraient aider à réduire la consommation d’alcool et d’autres substances. Certains petits essais cliniques ont également montré des résultats encourageants. »
Lorenzo Leggio, MD, Ph.D., chercheur principal au National Institute on Drug Abuse (NIDA) et au National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA), tous deux membres des National Institutes of Health (NIH).
Les troubles liés à l’usage de substances, caractérisés par la dépendance physique, les comportements à risque, les difficultés sociales et la perte de contrôle, représentent un fardeau majeur pour la santé publique mondiale. L’alcool est particulièrement pointé du doigt pour son impact dévastateur, contribuant non seulement à des problèmes de santé mais aussi à des accidents et des violences. Malgré l’ampleur du phénomène, moins d’un quart des personnes concernées ont bénéficié d’un traitement en 2023, soulignant l’insuffisance des dispositifs actuels face à la stigmatisation et au manque de ressources.
La nouvelle étude met en évidence le chevauchement biologique et neurologique entre certaines formes d’obésité et la dépendance, une perspective qui ouvre la voie à l’exploration des médicaments GLP-1 comme option thérapeutique. Ces molécules pourraient agir sur les circuits cérébraux impliqués dans les comportements addictifs, réduisant ainsi les envies et la consommation, tout en apportant des bénéfices pour d’autres pathologies concomitantes.
Les premières recherches ont déjà livré des résultats prometteurs dans différentes addictions :
- Troubles liés à la consommation d’alcool (AUD) : Si un premier essai avec l’exénatide n’a pas montré d’effet direct, une analyse secondaire a suggéré une réduction de la consommation chez les personnes atteintes d’AUD et d’obésité. Un essai plus récent avec la sémaglutide, un GLP-1RA plus récent, a démontré une diminution de l’auto-administration d’alcool en laboratoire, ainsi qu’une réduction du nombre de verres consommés par jour et de l’envie impérieuse chez les personnes souffrant d’AUD.
- Troubles liés à la consommation d’opioïdes : Des études sur des modèles animaux ont montré que plusieurs agonistes des récepteurs GLP-1 réduisent l’auto-administration d’héroïne, de fentanyl et d’oxycodone, ainsi que la réactivation de la recherche de ces substances, un indicateur de rechute.
- Troubles liés au tabagisme : Des données précliniques indiquent que les GLP-1RA diminuent l’auto-administration de nicotine et la réactivation de la recherche de cette substance. Les premiers essais cliniques suggèrent également une réduction du nombre de cigarettes quotidiennes et une prévention de la prise de poids post-sevrage.
Malgré ces perspectives encourageantes, les chercheurs insistent sur la nécessité de mener des recherches supplémentaires pour confirmer l’efficacité des médicaments GLP-1 dans le traitement de la dépendance et pour en comprendre pleinement les mécanismes biologiques. Lorenzo Leggio souligne l’importance de ces avancées :
« Cette recherche est très importante car l’alcool et la toxicomanie sont des causes majeures de maladie et de décès, et pourtant il n’existe encore que quelques options de traitement efficaces. Trouver de nouveaux et meilleurs traitements est d’une importance cruciale pour aider les gens à vivre une vie plus saine. »
Cette recherche a été financée en partie par le NIDA et le NIAAA. La responsabilité du contenu incombe aux auteurs et ne reflète pas nécessairement les opinions officielles du NIH.