Publié le 2025-10-27 12:58:00. Une nouvelle étude révèle un lien significatif entre l’indice TyG-BMI et le risque d’événements cardiovasculaires majeurs chez les patients souffrant de fibrillation auriculaire (FA) et de syndrome coronarien aigu (SCA). Les résultats suggèrent que cet indice pourrait servir de marqueur pronostique précieux.
- Un indice combinant la triglycéridémie et l’indice de masse corporelle (TyG-BMI) s’avère être un prédicteur pertinent des événements cardiovasculaires majeurs (MACE) chez les patients atteints de FA et de SCA.
- Les patients présentant les valeurs les plus basses de cet indice sont associés à un risque accru de MACE, même après ajustement pour divers facteurs de risque cardiovasculaire.
- L’analyse a également permis d’identifier une valeur seuil optimale de l’indice TyG-BMI pour prédire ces événements.
La recherche s’est appuyée sur les données de 832 patients, dont l’âge moyen était de 68,15 ans et parmi lesquels les hommes représentaient près de 68,4 %. Ces participants ont été répartis en quatre groupes selon les quartiles de l’indice TyG-BMI, allant de valeurs inférieures à 205,16 à des valeurs supérieures à 248,39.
Les observations initiales ont mis en évidence des différences notables entre les groupes. Les patients du quartile le plus bas de TyG-BMI étaient statistiquement plus âgés, présentaient un indice de masse corporelle (IMC) plus faible, une incidence plus basse d’hypertension, mais paradoxalement une incidence plus élevée d’insuffisance cardiaque. Ils affichaient également une pression artérielle systolique et diastolique plus basse, une utilisation moindre d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IECA) ou d’inhibiteurs des récepteurs de l’angiotensine (ARA), une utilisation plus marquée de digoxine et de diurétiques, ainsi qu’une consommation accrue de D-dimères. De plus, leur diamètre de l’oreillette gauche et leur diamètre du ventricule gauche étaient plus faibles.
Au cours de la période de suivi, 71 patients (8,53 %) ont subi au moins un événement cardiovasculaire majeur (MACE). L’incidence des MACE différait de manière significative entre les quatre groupes, avec une prévalence particulièrement élevée dans le premier groupe (18,27 %), contre des taux plus bas dans les groupes suivants (4,81 %, 6,73 %, et 6,25 %). Les analyses ont également révélé des différences statistiquement significatives dans les taux de décès toutes causes confondues entre les groupes, mais aucune différence notable n’a été observée concernant les infarctus du myocarde non mortels ou les accidents vasculaires cérébraux non mortels.
Les courbes de Kaplan-Meier ont confirmé une divergence significative des résultats entre les quatre groupes, avec un risque accru de MACE à un an pour les patients du quartile TyG-BMI le plus bas. Une analyse de régression de Cox a été menée pour évaluer l’influence indépendante de cet indice. Les résultats ont démontré une association significative entre le TyG-BMI et la survenue d’événements à un an, que l’indice soit considéré comme une variable continue ou catégorielle. Par exemple, pour chaque diminution d’une unité du TyG-BMI, le risque de MACE sur un an augmentait de 1,4 % dans un des modèles ajustés. Lorsque traité comme une variable catégorielle, le risque de MACE était significativement plus élevé chez les patients du quartile inférieur par rapport au quartile supérieur.
L’utilisation d’une spline cubique restreinte (RCS) a permis de préciser la relation dose-effet. L’analyse RCS a indiqué une augmentation linéaire du risque de MACE à 1 an à mesure que l’indice TyG-BMI diminuait, sans composante non linéaire significative. Une valeur de référence de 225,28 pour le TyG-BMI a été établie, correspondant au point où le rapport de risque estimé était égal à 1.
Une analyse de sensibilité, excluant les patients ayant des antécédents d’infarctus du myocarde ou d’intervention coronarienne percutanée (ICP), n’a pas modifié substantiellement les conclusions de l’étude.
Des analyses de sous-groupes ont été réalisées pour explorer si cette association persistait selon différents profils de patients (âge, sexe, insuffisance cardiaque, diabète, type de SCA, type de FA, fraction d’éjection ventriculaire gauche – FEVG). Il ressort que les patients du quartile TyG-BMI le plus bas présentaient un risque accru de MACE à un an dans plusieurs sous-groupes, notamment chez les personnes âgées, les hommes, les patients sans insuffisance cardiaque ou diabète, ceux ayant un infarctus du myocarde sans élévation du segment ST, une FA préexistante, ou une FEVG inférieure ou supérieure à 0,50. Cependant, aucune corrélation significative n’a été observée chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque, de diabète, d’infarctus du myocarde avec élévation du segment ST, de FA nouvellement diagnostiquée, ainsi que chez les femmes ou les patients de moins de 60 ans. Aucune interaction significative entre l’indice TyG-BMI et les covariables n’a été détectée.
L’analyse ROC a permis d’identifier une valeur seuil optimale de 202,80 pour le TyG-BMI dans la prédiction des MACE, avec une sensibilité de 53,52 % et une spécificité de 80,81 %. L’aire sous la courbe (ASC) s’élevait à 0,68.
Une analyse par appariement par score de propension (PSM) a été effectuée pour contrôler les facteurs de confusion potentiels, incluant l’âge, le sexe, la pression artérielle, les antécédents médicaux et divers traitements. Après appariement, 163 paires de patients ont été constituées, présentant des caractéristiques de base similaires. Dans cette cohorte appariée, un faible indice TyG-BMI est resté significativement associé à un risque accru de MACE.