Publié le 2025-10-27 18:06:00. De récentes recherches mettent en lumière des facteurs de risque clés liés au cancer du sein lobulaire (ILC), une forme de cancer particulièrement sensible aux hormones. L’utilisation de traitements hormonaux substitutifs (THS) et la consommation d’alcool sont identifiés comme les principaux contributeurs à son développement.
- L’augmentation significative des cas d’ILC au niveau national a été constatée, contrastant avec l’évolution globale des autres cancers du sein.
- Le traitement hormonal substitutif (THS), en particulier les combinaisons œstrogène-progestatif, est associé à un risque accru de développer un cancer du sein lobulaire.
- La consommation d’alcool est également un facteur de risque alimentaire majeur pour le cancer du sein, affectant davantage le risque lobulaire que le risque canalaire.
Christopher Li, MD, PhD, titulaire de la chaire Helen G. Edson pour la recherche sur le cancer du sein chez Fred Hutch, a partagé une perspective épidémiologique issue de travaux antérieurs. En collaboration avec le regretté Roger Moe, MD, chirurgien spécialisé dans le cancer du sein à l’Université de Washington, qui avait observé une hausse inhabituelle de l’ILC dans sa pratique, Christopher Li a mené des recherches sur ce phénomène. Ces investigations ont permis de documenter une augmentation de l’ILC à l’échelle nationale, avec une hausse de 65 % sur une période relativement courte, comparée à une augmentation de seulement 4 % pour tous les cancers du sein confondus.
Les recherches menées par le Dr Li et ses collègues en l’an 2000 ont révélé un lien étroit entre l’utilisation de traitements hormonaux substitutifs (THS) et le risque de développer un cancer lobulaire. Ce qui a particulièrement marqué les chercheurs, c’est l’écart de risque observé : les femmes sous THS présentaient un risque 2,6 fois plus élevé de développer un ILC par rapport à un cancer canalaire. Des études ultérieures, incluant la large enquête SHARE (Seattle-area Hormones And Reproductive Epidemiology) menée par le Dr Li, ont confirmé ces conclusions. L’étude SHARE, interrogeant plus de 1 000 patientes ménopausées atteintes d’ILC, a mis en évidence qu’une utilisation prolongée de THS combiné (contenant à la fois œstrogène et progestatif) pouvait multiplier le risque de développer un cancer lobulaire par quatre.
À l’époque des premières observations, entre 30 % et 40 % des femmes aux États-Unis recouraient au THS, et beaucoup d’entre elles poursuivaient ce traitement sur le long terme. Bien que la fréquence d’utilisation et la durée de traitement aient diminué depuis, le Dr Li souligne l’importance de cette corrélation. Parallèlement au THS, la consommation d’alcool s’avère être un autre facteur de risque significatif pour l’ILC. Le Dr Li le qualifie de « facteur de risque alimentaire le plus constant associé au risque de cancer du sein », expliquant que l’alcool est également lié aux hormones, car il tend à élever les niveaux internes d’œstrogènes chez les femmes. Une vaste étude de la Women’s Health Initiative a notamment démontré que l’alcool était davantage un facteur de risque pour l’ILC que pour le cancer canalaire, en particulier chez les femmes consommant environ deux verres par jour.
Face à ces découvertes, Christopher Li qualifie l’ILC de « forme de cancer du sein extrêmement sensible aux hormones ». Il émet ainsi des recommandations prudentes concernant le recours au THS combiné, déconseillant une utilisation dépassant trois ans en raison de l’augmentation substantielle du risque d’ILC. De plus, il attire l’attention sur certains types de contraceptifs, tels que ceux à base de progestérone seule comme le DMPA (médicament connu sous le nom de Depo-Provera), qui pourraient également accroître le risque de cancer du sein.