Publié le 2025-10-28 14:38:00. Le magnat de la longévité Bryan Johnson suscite une nouvelle fois l’attention en adoptant des appareils auditifs comme stratégie préventive contre le déclin cognitif. Cette initiative, mise en lumière sur les réseaux sociaux, vient souligner le lien méconnu mais scientifiquement prouvé entre audition et santé cérébrale.
- Bryan Johnson, adepte du « biohacking », utilise désormais des appareils auditifs pour prévenir la démence.
- Une étude de l’Université Johns Hopkins confirme que le port d’aides auditives réduit de 61% le risque de développer une démence.
- Seulement 17% des personnes souffrant de perte auditive modérée à sévère utilisent des appareils, malgré leurs bénéfices démontrés.
Bryan Johnson, connu pour ses protocoles extrêmes visant à inverser le vieillissement, a révélé sur la plateforme X qu’il avait commencé à porter des appareils auditifs. Loin de le considérer comme un accessoire réservé aux seniors, le biohacker américain de 48 ans y voit une « mesure préventive essentielle pour la santé du cerveau », réfutant ainsi une idée fausse largement répandue.
Johnson, qui affirme avoir un âge biologique inférieur à son âge chronologique, a partagé les résultats de sa dernière audiométrie. Celle-ci révèle une audition normale à l’oreille droite, mais une perte sensorielle notable dans les hautes fréquences de l’oreille gauche. Ce type de dommage, souvent lié au vieillissement ou à l’exposition au bruit, peut entraver la compréhension et compliquer les interactions sociales.
Le biohacker a confié avoir regretté de ne pas avoir franchi le pas plus tôt, soulignant les conséquences sérieuses d’une surdité non traitée : risque accru d’isolement social, de déclin cognitif, de démence, de chutes et, in fine, une moindre qualité de vie. Ses propos font écho à des données alarmantes : un Américain sur dix souffrirait de perte auditive légère à modérée.
La décision de Bryan Johnson est loin d’être anecdotique. Une étude récente menée par l’Université Johns Hopkins, analysant les données de près de 3 000 participants sur vingt ans, a établi un lien de causalité frappant : les individus portant des appareils auditifs présentaient un risque de développer une démence inférieur de 61% par rapport à ceux qui n’en portaient pas. Ces conclusions ont été renforcées par une enquête de 2023, indiquant une réduction de 48% de la vitesse du déclin cognitif chez les utilisateurs d’aides auditives.
Malgré ces preuves scientifiques accablantes, le recours aux appareils auditifs reste marginal. Seuls 17% des personnes atteintes de perte auditive modérée à sévère en bénéficient. Le professeur Frank Lin, de la faculté de médecine de l’Université Johns Hopkins, insiste sur l’importance d’une intervention précoce : « Ces résultats fournissent des preuves irréfutables que le traitement de la perte auditive est un outil puissant pour protéger les fonctions cognitives chez les personnes âgées et, potentiellement, retarder le diagnostic de démence à long terme. »
Le spécialiste met en garde, toutefois, contre une interprétation unique des bénéfices, qui peuvent varier selon le risque individuel de déclin cognitif. Il rappelle également que la perte auditive peut conduire à une désocialisation progressive, exacerbant l’isolement et, par ricochet, le risque de démence. « Lorsque l’on souffre de perte auditive, on peut cesser d’être aussi impliqué socialement. On peut devenir plus solitaire ou replié sur soi. Nous savons que si les gens ne restent pas actifs dans des activités stimulantes sur le plan cognitif, ce n’est pas bon pour le cerveau », précise le professeur Lin.
Aux États-Unis, une personne de plus de 60 ans sur trois souffre de perte auditive liée à l’âge, plus fréquemment chez les femmes. Pourtant, seule une minorité de patients y recourt, freinée par la stigmatisation sociale et un manque d’information. La maladie d’Alzheimer, forme la plus répandue de démence, concerne déjà plus de 7 millions d’Américains de plus de 65 ans, un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2050. Plusieurs facteurs, dont l’hypertension, l’inactivité physique, le tabagisme, la consommation d’alcool et le diabète mal contrôlé, contribuent également à ce risque.
Les premiers signes de la démence, tels que l’oubli, la répétition, les changements d’humeur ou les difficultés d’élocution, sont souvent attribués à tort au vieillissement normal. Bien que des appareils auditifs soient disponibles, allant de modèles en vente libre à des dispositifs sur prescription et ajustement professionnel, la réticence persiste, alimentée par un stigmate social tenace.