Publié le 2025-10-29 09:01:00. Face aux défis sanitaires et climatiques, l’industrie aquacole connaît une mutation profonde, axée sur le bien-être animal et des solutions préventives. dsm-firmenich, acteur majeur, investit dans l’innovation pour une production plus durable et résiliente.
- L’entreprise dsm-firmenich mise sur des additifs alimentaires pour améliorer la santé des poissons, avec des résultats probants sur la réduction des parasites.
- Les solutions préventives, ciblant la santé intestinale, branchiale et cutanée, gagnent du terrain face aux approches purement curatives.
- Le développement de sources de protéines alternatives et d’ingrédients innovants est crucial pour répondre à la croissance de l’aquaculture et aux enjeux de durabilité.
Lors des « Global Aqua Days » organisés récemment à Athènes, des échanges filmés par l’équipe média de The Fish Site ont mis en lumière les orientations stratégiques de dsm-firmenich. Moritz Mueller, interrogé, a souligné les investissements considérables de l’entreprise dans les additifs alimentaires visant à renforcer la santé et le bien-être des poissons. Des essais menés à l’Université de Stirling ont par exemple démontré une réduction de 68 % de l’attachement des poux de poisson grâce à l’utilisation d’huiles essentielles phytogéniques, une avancée majeure face à ce que Mueller qualifie de « plus gros problème du saumon ». Parallèlement, un produit postbiotique destiné à soutenir la résilience des crevettes face aux maladies, notamment le point blanc, sera lancé en Inde cette année.
Ces développements témoignent d’une évolution notable dans les priorités de l’industrie. « Il y a quelques années, les clients se concentraient presque entièrement sur la réduction des coûts », a rappelé Standen. « Désormais, la conversation porte bien davantage sur la santé et le bien-être. » Cette prise de conscience accrue, couplée aux impacts du changement climatique tels que l’augmentation de la température de la mer, incite les aquaculteurs à privilégier des stratégies préventives. L’intégrité intestinale, branchiale et cutanée des animaux devient ainsi une préoccupation centrale.
La pertinence économique de ces approches préventives n’est plus à démontrer : « Le coût le plus important dans l’élevage de crevettes est la mauvaise récolte. La prévention protège non seulement les stocks, mais offre de meilleurs retours sur investissement », a précisé Standen. Bien que convaincre les producteurs d’investir dans ces solutions en amont représente encore un défi, dsm-firmenich les positionne comme des créateurs de valeur plutôt que comme de simples dépenses.
L’approvisionnement en ingrédients alimentaires constitue un autre axe majeur d’innovation. Face à une aquaculture dont la croissance dépasse celle de la pêche, la question de l’accès à des sources de protéines et d’huiles durables est pressante. dsm-firmenich poursuit activement son initiative « Smart Protein », développant des protéines unicellulaires qui atteignent désormais une teneur en protéines brutes de 69 % avec des profils d’acides aminés améliorés. Standen insiste sur la nécessité d’élargir le panel des matières premières disponibles – qu’il s’agisse de sous-produits marins, de nouvelles sources de protéines ou d’alternatives locales – pour garantir la résilience de l’approvisionnement. Il n’existe pas, selon lui, d’« ingrédient parfait », mais la diversification est la clé.
À l’horizon, l’entreprise met particulièrement en avant sa nouvelle forme de vitamine D3, baptisée Hi-D, qui vient de recevoir un avis de sécurité favorable de l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Des essais ont révélé que cette vitamine, hautement biodisponible, améliorait de plus de 10 % les taux de croissance du saumon, favorisait la cicatrisation des plaies et soutenait la santé cardiaque.
« Elle répond à de nombreuses exigences en matière de durabilité et de performance. L’industrie en avait besoin hier », a conclu Standen.