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Trump fixe le plafond d’admission des réfugiés pour l’année à venir à un niveau record

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L’administration Trump a annoncé une réduction drastique du nombre de réfugiés admis aux États-Unis, le plafonnant à 7 500 pour l’année prochaine, et a indiqué une priorité pour les Sud-Africains blancs. Cette décision marque un recul significatif par rapport au plafond de 125 000 fixé par l’administration précédente, ramenant le chiffre à un niveau historiquement bas.

L’avis officiel, publié jeudi, justifie cette décision par des « préoccupations humanitaires ou par l’intérêt national », sans fournir de détails supplémentaires sur les raisons spécifiques de cette réduction. En janvier, une décision similaire avait suspendu le programme américain d’admission des réfugiés (USRAP), l’administration Trump arguant alors de la nécessité de prioriser la sécurité nationale et publique.

Le précédent plancher d’admission de réfugiés le plus bas avait été établi sous la première présidence Trump, fixant à 15 000 le nombre de places pour l’exercice 2021. L’annonce actuelle précise que les 7 500 admissions seront « principalement » destinées aux Afrikaners d’Afrique du Sud et à « d’autres victimes de discrimination illégale ou injuste dans leurs pays respectifs ».

Cette politique trouve ses racines dans des initiatives antérieures de l’administration Trump. En février, une aide financière à l’Afrique du Sud avait été suspendue, tandis qu’une proposition visait à permettre aux membres de la communauté afrikaner, descendants des premiers colons européens, de s’installer aux États-Unis en tant que réfugiés. Ces démarches avaient suscité une vive réaction de l’ambassadeur sud-africain à Washington, Ebrahim Rasool, qui avait accusé l’administration Trump de « mobiliser un suprémacisme » et de tenter de « projeter la victimisation blanche comme un sifflet de chien » avant d’être expulsé.

En mai, lors d’une rencontre dans le Bureau Ovale, Donald Trump avait confronté le président sud-africain Cyril Ramaphosa, affirmant que les agriculteurs blancs de son pays étaient victimes de meurtres et de « persécutions ». La Maison Blanche avait diffusé une vidéo censée montrer des lieux de sépulture de fermiers blancs assassinés, mais il a été révélé par la suite que les images provenaient d’une manifestation datant de 2020, où des croix symbolisaient des agriculteurs tués sur plusieurs années. Cette réunion tendue s’était tenue peu après que les États-Unis eurent accordé l’asile à 60 Afrikaners.

Le gouvernement sud-africain a systématiquement nié les allégations de persécution à l’encontre des Afrikaners et des Sud-Africains blancs. D’après des statistiques criminelles publiées début 2024, entre octobre et décembre 2023, 7 000 homicides ont été recensés en Afrique du Sud. Sur ce total, 12 personnes ont été tuées lors d’attaques ciblant des fermes, dont un seul agriculteur. Les neuf autres victimes étaient des habitants ou des employés de ces exploitations, vraisemblablement noirs.

Dès son premier jour de mandat le 20 janvier, Donald Trump avait justifié la suspension de l’USRAP par le manque de « capacité des États-Unis à absorber un grand nombre de migrants, et en particulier de réfugiés, dans leurs communautés d’une manière qui ne compromette pas la disponibilité des ressources pour les Américains » et qui « protège leur sûreté et leur sécurité ».

Cette politique a été vivement critiquée par les organisations de défense des réfugiés. Global Refuge, par la voix de sa PDG Krish O’Mara Vignarajah, a déclaré que la décision « ne fait qu’abaisser le plafond d’admission des réfugiés » mais aussi « abaisse notre position morale ». Elle a souligné que dans un contexte de crises mondiales allant de l’Afghanistan au Venezuela en passant par le Soudan, concentrer la majorité des admissions sur un seul groupe sape l’objectif et la crédibilité du programme.

Refugees International s’est également insurgé, qualifiant la décision de « tourner en dérision la protection des réfugiés et les valeurs américaines ». L’organisation a affirmé que « quelles que soient les difficultés auxquelles certains Afrikaners peuvent être confrontés, cette population n’a aucune revendication plausible du statut de réfugié – ils ne fuient pas une persécution systématique ».

Le gouvernement sud-africain n’a pas encore réagi officiellement à cette nouvelle annonce. Lors de leur entretien, le président Ramaphosa avait exprimé l’espoir que les responsables américains écouteraient les Sud-Africains sur cette question. Il avait plus tard commenté qu’il existait dans son pays « du doute et de l’incrédulité à propos de tout cela dans la tête [de Trump] ».

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