Publié le 2024-10-27 10:00:00. Une consommation de sel excessive pourrait avoir des répercussions plus larges sur la santé que ce que l’on pensait, suggère une étude suédoise. Les chercheurs ont observé des corrélations entre un apport salin élevé et des changements métaboliques et inflammatoires dans le corps.
- Les personnes consommant beaucoup de sel présentent un profil sanguin indiquant une moindre utilisation des graisses comme source d’énergie.
- Un apport salin élevé est associé à des marqueurs sanguins liés à l’inflammation et à l’athérosclérose.
- L’étude met en lumière un lien potentiel entre le sel, le métabolisme et l’obésité.
Les conclusions de l’étude SCAPIS, menée par la Fondation du cœur et des poumons, élargissent la compréhension des risques liés à une forte consommation de sel. Au-delà de son lien établi avec l’hypertension artérielle, cette recherche révèle des associations avec des altérations du métabolisme des graisses et des processus inflammatoires.
Selon les données recueillies auprès de près de 8 500 participants âgés de 50 à 64 ans, les individus qui consomment une quantité importante de sel – définie dans cette étude à 10 grammes par jour, soit bien au-delà de la recommandation de 6 grammes maximum par jour de l’Agence suédoise de l’alimentation – affichent dans leur sang des indicateurs suggérant que leur organisme utilise moins efficacement les graisses comme carburant. Inversement, une faible consommation de sel semble favoriser une meilleure utilisation des graisses.
De plus, cette étude observe chez les grands consommateurs de sel des niveaux accrus de substances associées aux lipides, lesquelles ont déjà été impliquées dans des recherches antérieures dans le développement de l’inflammation et de l’athérosclérose, une maladie des artères caractérisée par l’accumulation de plaques de graisse.
« Nous observons un lien entre la consommation de sel et le métabolisme. Il s’agit d’une information nouvelle et importante qui peut également fournir des indices sur les raisons pour lesquelles une consommation élevée de sel est souvent associée à l’obésité. C’est la première fois que ces liens sont étudiés à une si grande échelle. »
Jonas Wuopio, spécialiste en médecine interne et chercheur au Karolinska Institutet
Les auteurs de l’étude insistent toutefois sur le fait qu’ils ont identifié un lien et non une relation de cause à effet directe. Des recherches supplémentaires, de plus longue durée, sont nécessaires pour élucider les mécanismes biologiques précis qui sous-tendent ces observations. Cette nouvelle perspective, si elle est confirmée, pourrait avoir des implications importantes pour les recommandations de santé publique relatives à la consommation de sel, notamment dans le contexte de la lutte contre l’obésité.
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