Publié le 2025-11-01 13:30:00. Une étude alarmante révèle une augmentation significative des diagnostics de cancer chez les jeunes adultes, notamment la génération Y. Cette tendance, autrefois associée au vieillissement, soulève des questions sur les facteurs de risque actuels et le manque d’attention portée à la santé des plus jeunes.
- L’incidence mondiale des cancers précoces (moins de 50 ans) a grimpé de près de 80 % entre 1990 et 2019, entraînant une hausse de la mortalité d’environ 28 %.
- Les femmes de moins de 50 ans sont plus touchées que les hommes du même âge, avec une disparité qui s’est creusée au fil des années.
- Plusieurs facteurs, incluant les modes de vie, l’exposition environnementale et un éventuel « vieillissement accéléré », sont suspectés d’expliquer cette hausse.
Longtemps considérée comme une maladie touchant principalement les seniors, la leucémie, les cancers du système digestif, gynécologiques, urogénitaux ainsi que ceux de la tête, du cou et de la thyroïde voient leur incidence augmenter rapidement chez les patients de moins de 40 ans, qualifiés de « cancers à début précoce ». Le cancer du poumon chez les non-fumeurs touche également de plus en plus les jeunes adultes, représentant 12,5 % des cas dans cette catégorie. Les projections actuelles indiquent une poursuite de cette tendance inquiétante d’ici 2050, tant en termes d’incidence que de mortalité.
Les femmes de moins de 50 ans supportent un fardeau de cancer plus lourd que les hommes du même groupe d’âge. En 2021, le taux d’incidence chez les jeunes femmes était supérieur de 82 % à celui des jeunes hommes, contre 51 % en 2002. Les cancers du sein et de la thyroïde constituent à eux seuls près de la moitié des diagnostics chez les jeunes femmes. Chez les hommes, bien que l’incidence globale ait légèrement diminué entre 2002 et 2021, une augmentation a été observée pour les cancers colorectaux, testiculaires, rénaux et les leucémies.
Les chercheurs peinent à identifier une cause unique à cette augmentation préoccupante. Les changements dans la disponibilité des dépistages, les modes de vie et les expositions environnementales sont autant de pistes explorées. Il est avancé que les jeunes adultes, souvent focalisés sur leurs études, leur carrière ou leur vie sociale, peuvent négliger leur santé et ignorer les premiers symptômes. Ce retard peut entraîner un diagnostic tardif et entraver la recherche de soins. Si l’accessibilité accrue aux diagnostics peut expliquer en partie la hausse des taux d’incidence, elle ne suffit pas à justifier l’ensemble du phénomène. L’évolution des expositions aux facteurs de risque est également pointée du doigt.
Parmi les associations notables, l’obésité et le syndrome métabolique, l’usage d’antibiotiques durant l’enfance, une exposition accrue aux agents cancérigènes et aux polluants environnementaux, la présence de perturbateurs endocriniens, ainsi que les changements de modes de vie (alimentation, activité physique, sommeil) sont mis en évidence. De plus, le phénomène de « vieillissement accéléré » semble plus marqué chez les personnes nées à partir de 1965. Chaque augmentation de ce marqueur est associée à un risque accru de développer certains cancers à un âge précoce, tels que le cancer du poumon, les cancers gastro-intestinaux et le cancer de l’utérus.