Publié le 2 novembre 2025. Le récent sommet de l’APEC a mis en lumière la complexité de la diplomatie sud-coréenne, naviguant entre les exigences contradictoires de Washington et Pékin. L’approbation de la construction de sous-marins à propulsion nucléaire par la Corée du Sud, saluée par les États-Unis, a suscité des inquiétudes de la part de la Chine, soulignant les tensions croissantes dans la région.
- La Corée du Sud cherche à maintenir un équilibre délicat entre sa dépendance sécuritaire envers les États-Unis et ses liens économiques avec la Chine.
- L’annonce de la construction de sous-marins nucléaires par Séoul, appuyée par Washington, a été perçue par Pékin comme un facteur d’instabilité régionale.
- Les États-Unis poussent la Corée du Sud à renforcer ses dépenses de défense, tandis que la Chine exhorte Séoul à ne pas se rallier aux mesures américaines de restriction commerciale.
Le 1er novembre, le New York Times a analysé les défis auxquels est confrontée la Corée du Sud dans sa politique étrangère, particulièrement mise à l’épreuve lors du récent sommet de l’APEC. La publication américaine a souligné que la décision de Séoul de renforcer son alliance avec les États-Unis, notamment par l’approbation de la construction de sous-marins à propulsion nucléaire, complique les efforts du président Lee Jae-myung pour améliorer les relations avec la Chine. Ce projet, salué par le président américain Donald Trump comme un renforcement de la sécurité, a été interprété par Pékin comme une manœuvre visant à intégrer davantage la Corée du Sud dans le système de sécurité américain.
L’article du New York Times, intitulé « La Corée peut-elle concilier les demandes contradictoires des États-Unis et de la Chine ? », revient sur l’échange entre le président Lee Jae-myung et Donald Trump concernant les sous-marins nucléaires. Le 29 octobre, le président sud-coréen avait publiquement sollicité auprès de son homologue américain l’autorisation d’utiliser du carburant pour ces sous-marins. Le lendemain, Donald Trump annonçait sur les réseaux sociaux avoir donné son accord. Cette décision a immédiatement suscité une réaction de la part de la Chine, dont le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiaqun, a exprimé ses inquiétudes le 31 octobre, appelant Séoul et Washington à privilégier des actions contribuant à la paix et à la stabilité régionales.
Parallèlement, le renforcement des dépenses de défense sud-coréennes, une demande récurrente de Donald Trump face à la Chine, est également présenté comme un point de friction. Le New York Times rappelle que le président Xi Jinping avait auparavant exhorté la Corée du Sud à ne pas participer aux initiatives américaines de restriction commerciale envers la Chine et à soutenir le système commercial multilatéral. Le président Lee Jae-myung avait alors souligné l’importance des relations commerciales avec la Chine pour le développement économique de son pays.
Lee Seong-hyeon, chercheur principal à la Fondation George H. W. Bush pour les relations entre les États-Unis et la Chine, a déclaré au journal américain que cet équilibre historique entre la dépendance sécuritaire vis-à-vis des États-Unis et l’interdépendance économique avec la Chine était désormais rompu. Selon lui, l’accord sur les sous-marins nucléaires marque un tournant, faisant de la Corée du Sud un partenaire pleinement intégré au système américain, plutôt qu’un simple acteur cherchant l’équilibre.
Le New York Times conclut son analyse en soulignant que, malgré le cessez-le-feu convenu lors du sommet de l’APEC, les divergences fondamentales entre les États-Unis et la Chine demeurent. Le président Trump a réaffirmé sa politique « L’Amérique d’abord », défendant ses stratégies industrielles et tarifaires. Dans ce contexte, les efforts du président Lee Jae-myung pour naviguer entre ces deux puissances se heurtent à une complexité croissante des rivalités géopolitiques.