Home Santé Cette vieille connaissance produit un antibiotique très puissant (mais personne ne l’a remarqué)

Cette vieille connaissance produit un antibiotique très puissant (mais personne ne l’a remarqué)

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Publié le 2025-11-02 09:30:00. Une équipe internationale de chercheurs a mis au jour un antibiotique d’une puissance remarquable, caché depuis des décennies dans les rouages d’un processus bactérien déjà connu. Cette découverte pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques, un défi sanitaire majeur.

  • Un nouvel antibiotique, baptisé pré-méthylènemycine C, s’avère plus efficace que la pénicilline et cent fois plus performant contre les bactéries résistantes que la méthylènemycine A.
  • Découvert par des scientifiques britanniques et australiens, ce composé était jusqu’alors un intermédiaire méconnu dans la production naturelle d’un antibiotique connu.
  • Il montre une efficacité prometteuse contre des bactéries pathogènes multirésistantes comme le SARM et les entérocoques résistants à la vancomycine.

La bataille contre les infections bactériennes résistantes, une préoccupation mondiale croissante soulignée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), vient de recevoir un nouvel espoir inattendu. Si l’OMS alerte sur le manque criant de nouveaux antibiotiques en développement, rappelant que plus de 1,1 million de décès surviennent chaque année à cause d’infections incurables, une avancée significative vient d’être annoncée. Des chercheurs des universités de Warwick (Royaume-Uni) et Monash (Australie) ont révélé l’existence d’un antibiotique puissant, jusque-là passé inaperçu.

La substance en question, la pré-méthylènemycine C, lactone, était en réalité connue des scientifiques depuis environ cinquante ans, dans le cadre de leurs travaux sur la méthylènemycine A. Cependant, son potentiel thérapeutique était resté insoupçonné. La pré-méthylènemycine C est un produit intermédiaire dans le processus naturel par lequel certaines bactéries, notamment Streptomyces coelicolor, produisent la méthylènemycine A. C’est en modifiant génétiquement ces bactéries et en analysant les composés intermédiaires que les chercheurs ont fait cette découverte surprenante.

« La méthylènemycine A a été découverte il y a cinquante ans et synthétisée à plusieurs reprises, mais personne n’avait jamais testé les intermédiaires chimiques pour leur activité antimicrobienne », explique le directeur de recherche Greg Challis. « En désactivant certains gènes, nous avons découvert deux intermédiaires inconnus. À notre grande surprise, les deux substances sont bien plus puissantes que la méthylènemycine A elle-même. »

Greg Challis, directeur de recherche

Parmi ces deux intermédiaires, la pré-méthylènemycine C s’est révélée particulièrement efficace contre les bactéries persistantes, telles que le SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) et les ERV (entérocoques résistants à la vancomycine). L’efficacité de cette nouvelle molécule est d’autant plus remarquable qu’elle est issue d’une bactérie, Streptomyces coelicolor, déjà intensément étudiée depuis des décennies.

« C’est spécial que nous ayons pu trouver un nouvel antibiotique dans une bactérie aussi connue », ajoute la chercheuse Lona Alkhalaf. « Il semble que S. coelicolor produisait autrefois un antibiotique puissant, mais qu’au fil du temps, il s’est transformé en une variante plus faible, peut-être parce qu’elle convenait mieux à sa propre stratégie de survie. »

Lona Alkhalaf, chercheuse

Les essais menés sur diverses bactéries pathogènes ont démontré l’absence de développement de résistance à la pré-méthylènemycine C, même dans des conditions où ces bactéries avaient déjà développé une résistance à la vancomycine, un antibiotique utilisé comme ultime recours en milieu hospitalier. Cette caractéristique est cruciale pour l’avenir de la recherche antibiotique.

« Cette découverte offre une nouvelle perspective pour la recherche sur les antibiotiques. En examinant les intermédiaires dans les voies biosynthétiques naturelles, nous pouvons trouver de nouveaux agents puissants, plus résistants à la résistance », souligne Greg Challis.

Greg Challis, directeur de recherche

L’équipe de l’Université Monash a d’ores et déjà mis au point une méthode de production efficace de la pré-méthylènemycine C, assurant ainsi sa bonne évolutivité. Cette voie de synthèse permet également de créer des variants pour approfondir la compréhension de son mécanisme d’action.

« Nous disposons désormais d’une excellente base pour développer davantage cet antibiotique prometteur », précise le chercheur David Lupton. La prochaine étape consistera en des recherches précliniques visant à évaluer le comportement du médicament dans des systèmes vivants.

David Lupton, chercheur

Grâce à sa structure simple, son action puissante et son faible potentiel de résistance, la pré-méthylènemycine C est bien positionnée pour devenir un acteur majeur dans la lutte mondiale contre la menace croissante des bactéries résistantes.

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