Publié le 31 octobre 2025, 17h56. Les détails financiers internes de la Nascar, révélés dans le cadre d’un procès, mettent en lumière la rentabilité de la série et les défis économiques auxquels sont confrontées les équipes. Les chiffres dévoilent une baisse significative des bénéfices de la ligue en 2024, ainsi que les coûts d’exploitation élevés pour les participants.
- La Nascar a généré un bénéfice net de 102,6 millions de dollars américains en 2024, une baisse marquée par rapport aux 536,7 millions de dollars de 2023.
- L’équipe gagnante recevra 2,8 millions de dollars en 2025, sur une bourse totale de 33,7 millions de dollars, avec une projection d’augmentation à 39,1 millions d’ici 2030.
- Le propriétaire de Front Row Motorsports (FRM), Bob Jenkins, a déclaré des pertes dépassant les 100 millions de dollars américains pour son équipe, tandis que le coût moyen de gestion d’une voiture est estimé à plus de 20 millions de dollars en 2024.
Ces informations financières proviennent de documents judiciaires rendus publics lors du litige opposant la Nascar à 23XI Racing et Front Row Motorsports (FRM). L’année 2024 a vu les bénéfices nets de la ligue chuter à 102,6 millions de dollars, un contraste frappant avec les 536,7 millions de dollars enregistrés en 2023. Cette dernière somme avait été exceptionnellement gonflée par la vente de la majorité des terrains de l’Auto Club Speedway de Fontana pour près de 500 millions de dollars.
Les documents, initialement partagés par Forbes, précisent également que le système actuel de rémunération des équipes repose sur une moyenne mobile des deux saisons précédentes en termes de positions finales, remplaçant la moyenne sur trois ans du précédent contrat d’affrètement. La saison la plus récente compte pour 100 % de la moyenne, et la deuxième saison pour 50 %. Ce total est ensuite divisé par le nombre d’actions en circulation pour déterminer la part de revenus revenant à chaque charte.
À titre d’illustration, l’équipe qui terminera première en 2025 se verra attribuer 2,8 millions de dollars, représentant 8,423 % de la distribution. Le fonds global prévu pour 2025 s’élève à 33,7 millions de dollars américains, avec une estimation atteignant 39,1 millions de dollars d’ici 2030. Un mécanisme similaire régit les primes de course, mais avec des pourcentages moins élevés. La dernière course de la saison, par exemple, propose une bourse totale de 12,4 millions de dollars, dont 5,16 % (soit environ 639 000 dollars) sont destinés au vainqueur.
Au cours d’une déposition en juin 2025, Bob Jenkins, propriétaire de FRM, a révélé avoir subi des pertes de 60 millions de dollars américains depuis 2016, et un total excédant les 100 millions de dollars américains investis dans son équipe Nascar. Une étude menée par sept équipes a par ailleurs estimé que le coût moyen pour faire courir une voiture en Nascar dépassait les 20 millions de dollars en 2024.
L’analyse de SportsPro :
Les révélations sur le fonctionnement interne de la Nascar, rendues publiques pour la première fois, donnent un poids considérable au procès en cours impliquant 23XI et FRM. Bien que les revenus spécifiques issus des contrats de sponsoring de chaque équipe demeurent confidentiels, il apparaît que les sommes directement versées par la Nascar aux équipes ne suffisent pas à garantir leur stabilité financière, comme en témoignent les pertes substantielles accumulées par Bob Jenkins.
Cela pourrait également expliquer la forte pression exercée par les équipes en faveur de chartes permanentes, face à un manque de sécurité financière à long terme dans ce sport. La question se pose désormais de savoir si ces éléments suffiront à convaincre le tribunal que la Nascar opère comme un monopole. Indépendamment de l’issue du procès, celui-ci aura un impact durable sur le paysage de la Nascar, ce qui justifierait potentiellement la hâte de l’organisation à trouver un accord avant le week-end du championnat.