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La dette des consommateurs semble équilibrée, mais pas les prêts étudiants

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Publié le 5 novembre 2025. La dette nominale des ménages américains a franchi le seuil des 18 600 milliards de dollars au troisième trimestre 2025, une hausse de 1,1% par rapport au trimestre précédent, selon la Réserve fédérale de New York. Cette augmentation masque des disparités importantes selon les groupes d’âge, tandis que les impayés, bien que stables, montrent des signes de fragilité dans certains secteurs, notamment les prêts étudiants.

  • La dette totale des ménages atteint 18 600 milliards de dollars, en hausse de 1,1% au troisième trimestre 2025.
  • Les impayés globaux augmentent légèrement, passant de 4,4% à 4,5%, un niveau bas mais en légère hausse.
  • Les prêts étudiants gravement en souffrance diminuent, mais les transitions vers la délinquance s’accélèrent à un rythme inédit.
  • Les plus de 60 ans voient leur dette augmenter, tandis que les plus jeunes se désendettent.

D’après le rapport trimestriel sur la dette et le crédit des ménages publié par la Banque fédérale de réserve de New York, la dette globale des ménages américains a atteint 18 600 milliards de dollars au troisième trimestre 2025, enregistrant une augmentation de 1,1% par rapport au trimestre précédent. Cette évolution contraste avec les comportements observés selon les tranches d’âge : les consommateurs âgés de 18 à 59 ans ont accru leur endettement, tandis que ceux de 60 ans et plus ont, à l’inverse, réduit le leur.

Sur l’ensemble, la proportion des créances en souffrance, quelle que soit leur ancienneté, a connu une légère augmentation, passant de 4,4% au deuxième trimestre à 4,5% au troisième. Ce chiffre reste néanmoins bien en deçà des niveaux enregistrés en 2020, témoignant d’une relative solidité des bilans des consommateurs avant la reprise des paiements sur certains prêts.

Le secteur des prêts étudiants révèle une situation plus contrastée. Les prêts étudiants présentant une délinquance grave (90 jours et plus) ont diminué, représentant 9,4% du total des soldes impayés, contre 10,2% au trimestre précédent. Ces chiffres restent significativement plus élevés qu’avant la fin du moratoire pandémique sur les remboursements, où ils ne s’élevaient qu’à 0,5% fin 2024.

Plus inquiétant, le taux de transition vers une délinquance grave – c’est-à-dire le pourcentage d’emprunteurs sortant d’un stade précoce de non-paiement sans avoir effectué de règlement – a atteint 14,3% au troisième trimestre. Il s’agit du rythme le plus rapide d’aggravation de la délinquance depuis le début de la collecte de ces données en 2000, une nette accélération par rapport aux 12,9% du trimestre précédent et aux 0,8% fin 2024.

Face à cette situation, le ministère de l’Éducation a annoncé fin octobre le rétablissement, pour les emprunteurs éligibles, de l’exonération des prêts étudiants dans le cadre de deux programmes de remboursement basés sur les revenus. Cette décision marque un revirement de politique, alors qu’un million d’emprunteurs attendent encore de pouvoir bénéficier de ces plans. La complexité administrative et des problèmes bureaucratiques, couplés à un manque d’information pour de nombreux emprunteurs ayant déménagé, contribuent à cette accumulation de difficultés. Certains signalent même avoir reçu des courriels suspects ressemblant à des tentatives de phishing.

L’augmentation des impayés sur les prêts étudiants pourrait freiner la demande de crédit et la consommation, particulièrement chez les jeunes générations (Génération Z, Milléniaux, Génération X). Cette fragilité pèse également sur le marché immobilier, où l’âge moyen du premier acheteur ne cesse d’augmenter.

Les soldes des prêts hypothécaires ont progressé de 1,1% au troisième trimestre, une légère accélération par rapport aux 1% du trimestre précédent. Les nouvelles émissions de crédits immobiliers ont bondi de 512 milliards de dollars, le chiffre le plus élevé depuis 2022. Malgré des taux hypothécaires plus élevés qu’en début d’année, cette hausse témoigne d’une demande soutenue, favorisée par la baisse des taux par rapport au début de l’année, bien que l’accessibilité reste limitée.

Les nouveaux impayés hypothécaires ont légèrement diminué pour s’établir à 3,6%, contre 3,7% lors des deux trimestres précédents. Les créances hypothécaires gravement en souffrance se sont stabilisées à 0,8%.

La dette sur cartes de crédit a connu une augmentation de 2% au troisième trimestre, un rythme légèrement inférieur à celui du deuxième trimestre (2,3%). Comme pour les prêts hypothécaires, les impayés sur cartes de crédit sont restés globalement stables. Les nouveaux impayés à 30 jours sont passés de 8,6% à 8,8%, tandis que les impayés graves ont affiché une légère hausse, de 12,3% à 12,4%.

Une tendance préoccupante se dégage chez les emprunteurs plus âgés : les impayés graves sur les cartes de crédit ont augmenté de manière significative. Chez les 60-69 ans, ce taux est passé de 5,1% à 5,5%, et chez les plus de 70 ans, de 5,7% à 6%. Il s’agit des plus fortes augmentations observées depuis 2011, dans le sillage de la crise financière mondiale. Bien que les baby-boomers détiennent une part importante de la richesse américaine, de nombreuses personnes âgées font face à des difficultés financières réelles.

Les données sur les gains de masse salariale montrent un ralentissement en juillet et août, les derniers mois pour lesquels des statistiques officielles sont disponibles. Les revenus personnels disponibles, ajustés de l’inflation, n’ont affiché que de modestes gains sur cette période.

Une enquête récente de la Réserve fédérale (Senior Loan Officer Opinion Survey – SLOOS) révèle que les banques se montrent plus enclines à approuver des demandes de cartes de crédit pour des emprunteurs à risque faible que pour des emprunteurs à risque élevé. Cette observation reflète une divergence croissante entre les profils des consommateurs américains.

La dette automobile est restée stable au troisième trimestre. Cette stagnation s’explique en partie par une proportion croissante d’achats de véhicules réglés intégralement, sans recours au crédit.

Les nouveaux impayés sur les prêts automobiles ont diminué pour atteindre 7,8%, contre 8% auparavant. Les impayés à 90 jours sont quant à eux restés stables à 5% pour le troisième trimestre consécutif. Les impayés sur les prêts automobiles ont le plus reculé chez les emprunteurs dont la cote de crédit est inférieure à 620, tandis que les impayés sur les prêts à risque ont connu une augmentation ces derniers trimestres.

Les soldes des lignes de crédit sur valeur domiciliaire (HELOC – Home Equity Line of Credit) ont augmenté de 11 milliards de dollars, marquant le quatorzième trimestre consécutif de croissance. Ces outils financiers permettent à certains propriétaires d’accéder à leur patrimoine immobilier, dont la valorisation a atteint des niveaux records.

Les nouveaux impayés sur les HELOC ont baissé à 2,2%, contre 2,4% au trimestre précédent. Cependant, les transitions vers une délinquance grave ont légèrement augmenté, passant de 1,2% à 1,3%, atteignant ainsi leur plus haut niveau depuis 2014.

Le nombre de nouvelles saisies immobilières et de faillites a augmenté au troisième trimestre. Ces indicateurs restent toutefois bien en dessous des moyennes observées avant la pandémie de Covid-19.

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