Publié le 6 novembre 2025. Michael Burry, l’investisseur légendaire qui avait prédit la crise des subprimes, alerte sur une possible bulle spéculative autour de l’intelligence artificielle. Il semble prendre des positions de vente massives sur des valeurs phares du secteur, rappelant sa stratégie audacieuse de 2008.
Michael Burry, le financier rendu célèbre par sa prédiction de la crise financière de 2007-2008, exprime ses doutes face à l’engouement actuel pour l’intelligence artificielle (IA). L’homme derrière le fonds Scion Asset Management, qui avait anticipé l’effondrement du marché des prêts hypothécaires à risque, qualifie le boom de l’IA d’« exubérance irrationnelle ». Sur le réseau social X, il a récemment publié un message laconique : « Parfois, nous voyons des bulles. Parfois, il y a quelque chose à faire. Parfois, le seul jeu gagnant est de ne pas jouer. »
Cette mise en garde s’est accompagnée d’une allusion au secteur de l’IA, suggérant, à l’instar de Goldman Sachs, que sa rentabilité pourrait être surévaluée. Burry établit un parallèle avec la bulle internet du début des années 2000, période marquée par des investissements massifs et excessifs dans les infrastructures de fibre optique. Il anticipe que bon nombre des entreprises leaders dans l’écosystème actuel de l’IA pourraient connaître un sort similaire à celui des pionniers de la bulle technologique.
Les inquiétudes de Burry ne sont pas restées théoriques. Son fonds, Scion Asset Management, a rendu public son formulaire 13F auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine, révélant des mouvements significatifs sur le marché. Ces documents font état de positions majoritairement axées sur des options de vente, une stratégie baissière par excellence.
Dans le détail, le portefeuille de Burry se caractérise par des investissements dans des entreprises plus traditionnelles comme Bruker et Lululemon, mais surtout par des paris marqués sur Palantir et Nvidia, deux figures emblématiques de la bulle IA. La valeur notionnelle des options d’achat sur Palantir atteint la somme impressionnante de 912 millions de dollars (l’équivalent de 5 millions d’actions), tandis que celle sur Nvidia s’élève à 186 millions de dollars. Cependant, une analyse plus approfondie des positions de vente révèle que 66 % du portefeuille est placé en options de vente sur Palantir, et 13,5 % supplémentaires sur Nvidia. Cette stratégie indique une spéculation à la baisse sur ces valeurs, et par extension, sur l’ensemble du secteur de l’IA.
Ces manœuvres rappellent la stratégie audacieuse de Burry en 2008, lorsqu’il avait parié contre le marché immobilier américain en vendant à découvert des prêts hypothécaires à risque via des Credit Default Swaps (CDS). L’analogie est frappante : il semble une fois de plus parier gros contre ce qu’il perçoit comme une surévaluation majeure, ciblant cette fois les deux entreprises les plus représentatives de l’euphorie actuelle du marché.
Il est important de noter que ce n’est pas la première fois que Michael Burry prend position contre Nvidia. Au premier trimestre 2025, Scion avait déjà liquidé une grande partie de son portefeuille d’actions pour acheter des options de vente sur le fabricant de puces, en raison de tensions commerciales et de son exposition à des entreprises technologiques chinoises. Burry avait également réduit ses participations dans des géants comme JD et Alibaba fin 2024, une décision judicieuse compte tenu du ralentissement de ces valeurs.
Les analystes financiers soulignent que le cours actuel de ces actions est supérieur à celui du 30 septembre (date de référence du formulaire 13F), suggérant que Burry a déjà essuyé des pertes sur ces positions, à moins qu’il ne les ait liquidées. Certains y voient le signe d’un sommet du marché, mais les experts rappellent que Burry a une capacité à anticiper les mouvements financiers sur le long terme. En 2005, il avait pris une avance de deux ans sur la crise des subprimes. Néanmoins, sa tentative de prédire le sommet du marché en janvier 2023 avec un simple « Vendre » n’a pas été couronnée de succès, le marché ayant depuis connu une hausse significative. Le temps dira si sa nouvelle stratégie audacieuse sur l’IA portera ses fruits.