Home Économie Les baissiers du dollar américain reculent encore

Les baissiers du dollar américain reculent encore

0 comments 32 views

Six semaines après avoir brièvement flirté avec les 1,19 dollar, la paire EUR/USD connaît un recul significatif, ramenée vers 1,15 dollar. Cette correction s’explique par des indicateurs économiques américains solides et une remise en question des anticipations d’un assouplissement monétaire de la Réserve fédérale (Fed). La volatilité sur le marché des changes semble se réduire, laissant présager une période plus calme, bien que les analystes restent prudents.

La réunion de la Fed fin octobre a marqué un tournant pour le dollar américain. La question est désormais de savoir si la banque centrale américaine souhaite réellement intégrer une forme d’« optionnalité » dans ses discussions futures sur les baisses de taux, ou si elle navigue à vue. Quoi qu’il en soit, le principal moteur d’un consensus baissier sur le dollar, à savoir une politique de taux directeurs plus souple, est désormais plus incertain.

Initialement, une baisse des taux américains à court terme était attendue pour affaiblir le dollar, incitant les investisseurs à augmenter leurs couvertures de change sur les actifs américains. Cependant, si les taux directeurs devaient se stabiliser autour de 3,75 % pendant une période prolongée, cette urgence à ajuster les couvertures disparaîtrait.

Le marché des options de change suggère une préférence pour une sortie passive des positions courtes sur le dollar, plutôt qu’une prise de positions longues active, du moins dans le cas de la paire EUR/USD. La volatilité à trois mois sur cette paire est tombée sous les 6,0 % et pourrait même atteindre les plus bas observés durant l’été 2024, soit 5,4 %. Cela indique un désintérêt croissant des investisseurs pour les mouvements de la paire EUR/USD et une tendance vers un marché plus apathique et contenu en fin d’année.

Persistance des facteurs baissiers pour le dollar

Malgré cette accalmie relative, il est encore trop tôt pour considérer la tendance baissière du dollar américain et le rebond de l’EUR/USD comme terminés. La Chambre des représentants anticipe trois baisses supplémentaires des taux de la Fed, et une incertitude demeure quant à l’évolution du marché du travail américain et à d’éventuelles pressions politiques exercées sur la Fed l’année prochaine. Par ailleurs, la baisse attendue des prix de l’énergie en 2026 pourrait réduire l’un des avantages compétitifs du dollar et bénéficier aux importateurs de combustibles fossiles, notamment la zone euro.

Bien que cela puisse sembler lointain, l’euro pourrait également profiter d’une accélération de la croissance dans la zone euro en 2026, alimentée par la mise en œuvre de mesures de relance budgétaire en Allemagne.

La prévision d’un taux de change de 1,20 pour l’EUR/USD en fin d’année semble désormais optimiste. Néanmoins, la saisonnalité de fin d’année et l’état actuel du marché de l’emploi américain devraient soutenir la paire. Des gains modestes sont toujours envisagés pour l’année prochaine.

La livre sterling sous les feux des projecteurs

En octobre, des données économiques moins favorables et l’anticipation d’un budget prudent de la part de la Chancelière Rachel Reeves ont pesé sur les rendements à court terme britanniques et sur la livre sterling. Le marché semble avoir intégré l’essentiel du cycle d’assouplissement monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE) pour 2026, avec un taux final évalué autour de 3,25 %. Dans ce contexte, une baisse supplémentaire significative de la livre sterling due aux décisions de la BoE n’est pas jugée probable.

Le prochain budget représente un risque majeur. Le scénario privilégié est celui d’un soutien continu à la livre sterling, avec des mesures de la part de Mme Reeves suffisantes pour soutenir le marché obligataire sans provoquer une réévaluation majeure des perspectives de croissance du Royaume-Uni et du cycle d’assouplissement de la BoE. Mme Reeves devra cependant naviguer avec précaution. Un resserrement budgétaire trop agressif ou, à l’inverse, insuffisant, pourrait tous deux s’avérer négatifs pour la livre sterling, ce dernier scénario étant le plus périlleux.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.