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Des scientifiques découvrent une éponge carnivore dans les profondeurs de l’Antarctique

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Publié le 2025-11-07 18:16:00. Deux expéditions scientifiques d’envergure dans les eaux antarctiques ont abouti à la découverte et à la confirmation d’au moins 30 nouvelles espèces marines, dont une éponge carnivore baptisée « boule de la mort ». Ces explorations, menées dans le cadre du programme Nekton Ocean Census, ont révélé la richesse et la spécificité de la vie dans les profondeurs de l’océan Austral.

  • Une éponge carnivore, surnommée « boule de la mort », a été identifiée, se distinguant par son mode de chasse actif plutôt que par la filtration.
  • De nouvelles espèces de vers, incluant des « vers zombies » et des « vers à écailles » irisées, ainsi que des étoiles de mer, des crustacés et des mollusques, ont été documentées.
  • Une nouvelle méthodologie d’analyse, combinant expéditions et ateliers collaboratifs, a permis de cataloguer ces découvertes en un temps record.

Les explorations, qui se sont déroulées en 2025, sont le fruit d’une collaboration entre la Fondation japonaise Nippon et l’Institut océanique Schmidt. Leur objectif était d’étudier les régions les plus reculées et méconnues de la planète grâce à des technologies de pointe. Parmi les observations marquantes figurent également la première observation confirmée d’un calmar colossal juvénile, témoignant de la biodiversité encore largement inexplorée des abysses.

L’éponge carnivore, dont le nom scientifique provisoire est Chondrocladia sp. nov., présente un corps sphérique recouvert de crochets destinés à capturer ses proies. Cette adaptation en fait un prédateur actif dans un environnement où la compétition pour les ressources est intense. Son identification a été rendue possible par une comparaison exhaustive des spécimens lors de l’atelier de découverte des espèces de l’Océan Austral, organisé par la Nippon Foundation.

Parmi les autres découvertes notables, les « vers zombies » (Osedax), qui dépendent de bactéries symbiotiques pour se nourrir des os des cétacés, et des « vers à écailles » aux structures corporelles robustes, capables de résister aux environnements extrêmes. Les scientifiques ont également identifié de nouvelles étoiles de mer de familles variées, des crustacés (isopodes et amphipodes) qui pourraient conduire à la définition d’une nouvelle famille, et des mollusques adaptés aux habitats volcaniques et hydrothermaux. Des coraux noirs et un genre potentiel de plumes marines sont également en cours d’analyse.

Ce qui distingue particulièrement ces recherches, c’est la rapidité avec laquelle les découvertes ont été validées et publiées. En seulement trois mois après la fin des expéditions, les noms et descriptions préliminaires des espèces étaient disponibles. Cette efficacité repose sur un modèle d’analyse innovant mis en place par la Nippon Foundation, qui rassemble des experts du monde entier dans des ateliers dédiés, comprimant ainsi un processus taxonomique traditionnellement long.

L’utilisation d’instruments de haute technologie, tels que des véhicules télécommandés (ROV) et des systèmes avancés de cartographie des fonds marins, a été cruciale pour obtenir des données et des échantillons dans des zones inaccessibles. Le Dr. Jyotika Virmani, directrice exécutive du Schmidt Ocean Institute, a souligné l’importance de ces outils : « Des outils avancés, de la cartographie précise des fonds marins aux images haute définition obtenues avec des ROV, nous permettent d’explorer et de collecter des données dans des endroits jamais vus par l’homme auparavant ». Elle a ajouté que la collaboration internationale accélère les découvertes, comme l’attestent l’observation du calmar juvénile colossal et l’identification de nouvelles espèces.

Le Dr. Michelle Taylor, responsable du recensement scientifique des océans à la Fondation Nippon-Nekton, a insisté sur le potentiel de l’océan Austral : « L’océan Austral continue d’être profondément sous-échantillonné. À ce jour, nous n’avons évalué que moins de 30 % des échantillons collectés lors de cette expédition. La confirmation de 30 nouvelles espèces montre déjà à quel point la biodiversité est encore peu documentée. » Elle a également salué l’efficacité de la méthodologie combinant expéditions et ateliers de découverte.

Les explorations se sont concentrées sur deux zones clés : les cheminées volcaniques hydrothermales près des îles Sandwich du Sud et une partie de la mer de Bellingshausen, récemment libérée après la fonte d’un iceberg massif. Ces travaux ont permis, entre autres, la première observation officielle d’un calmar juvénile colossal, mettant en lumière l’ampleur des connaissances encore à acquérir dans les profondeurs abyssales de l’hémisphère sud.

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