Home International Un ancien soldat britannique arrêté pour le meurtre présumé d’une Kenyane en 2012

Un ancien soldat britannique arrêté pour le meurtre présumé d’une Kenyane en 2012

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Un ancien militaire britannique, soupçonné du meurtre d’une jeune femme kényane en 2012, a été arrêté au Royaume-Uni en vue d’une possible extradition vers le Kenya. Robert James Purkiss, 38 ans, a comparu devant un tribunal de Westminster et s’est opposé à son renvoi devant la justice kényane.

L’arrestation est intervenue le 6 novembre à Tidworth, dans le Wiltshire, menée par des agents spécialisés de la National Crime Agency (NCA) agissant dans le cadre d’un mandat émis en septembre. L’affaire concerne le meurtre présumé d’Agnès Wanjiru, une Kényane de 21 ans, dont le corps sans vie avait été découvert trois mois après sa disparition, le 31 mars 2012.

Le corps de la jeune femme, mère d’un bébé de cinq mois, a été retrouvé dans une fosse septique à proximité d’un hôtel de Nanyuki, une ville située à environ 200 kilomètres au nord de Nairobi. Cette zone abrite un camp d’entraînement de l’armée britannique. La nuit de sa disparition, Agnès Wanjiru se trouvait apparemment dans un bar où étaient également présents des soldats britanniques.

Lors de sa comparution vendredi, M. Purkiss a déclaré son intention de contester son extradition. Il a été placé en détention provisoire jusqu’à sa prochaine audience, prévue le 14 novembre devant le même tribunal. Ses avocats ont formellement démenti les accusations, affirmant que leur client « nie avec véhémence » le meurtre.

La famille d’Agnès Wanjiru milite depuis de nombreuses années pour que justice soit rendue. La nièce de la victime, Esther Njoki, a rencontré le mois dernier le ministre britannique de la Défense pour appuyer la demande d’extradition. Dans un communiqué, elle s’est dite « incroyablement soulagée » par l’arrestation du suspect, qualifiant cette étape de « moment important vers l’obtention enfin de justice pour notre bien-aimée Agnès ».

« C’est un moment capital pour notre cliente et sa famille qui se battent depuis plus d’une décennie pour obtenir justice pour Agnès », a ajouté Tessa Gregory, associée chez Leigh Day, le cabinet d’avocats représentant la famille. « Nous espérons désormais que les autorités britanniques et kényanes travailleront main dans la main pour que le suspect puisse être jugé au Kenya dans les plus brefs délais. »

La famille accuse depuis longtemps l’armée britannique d’avoir contribué à dissimuler la mort d’Agnès Wanjiru et les autorités kényanes de n’avoir pas mené une enquête adéquate à l’époque. Une enquête officielle sur le décès a été relancée en 2018, sous la pression de la famille et de groupes de défense des droits humains kenyans. Cette enquête a conclu en 2019 qu’Agnès Wanjiru avait été victime d’un meurtre qualifié d’illégal par un ou deux soldats britanniques, et qu’elle avait subi des coups de couteau à la poitrine et à l’abdomen.

En 2021, des révélations du Sunday Times faisaient état d’un soldat britannique ayant avoué le meurtre à des collègues. Ce militaire aurait quitté l’armée après l’incident et résiderait depuis au Royaume-Uni. En 2024, l’armée britannique a annoncé avoir lancé une enquête interne concernant le comportement de ses soldats au Kenya, incluant 35 cas suspects d’exploitation et d’abus sexuels, dont neuf survenus après l’interdiction officielle de telles pratiques en 2022.

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