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Le module de prévention des infections d’Epic a besoin de plus d’attention que les autreshealthsystemcio.com

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Le module de prévention des infections proposé par Epic, baptisé Bugsy, suscite des inquiétudes quant à sa satisfaction client, se classant significativement en dessous des autres solutions du fournisseur pour les établissements hospitaliers. Un rapport récent de KLAS Research révèle un écart important entre les perceptions des équipes informatiques et des spécialistes de la prévention des infections.

L’étude de KLAS, publiée en février 2026 et basée sur les retours de 23 organisations, ainsi que sur des évaluations complémentaires de 19 autres, attribue à Bugsy un score global de performance de 80,6 sur 100. Ce résultat est plus de sept points inférieur à celui de la solution Epic pour patients hospitalisés, qui arrive en deuxième position des moins bien notées. L’écart de perception est frappant : les équipes informatiques ont attribué à Bugsy une note de 91,4, tandis que les spécialistes de la prévention des infections se sont contentés d’un score de 73,9.

Ce fossé met en lumière un problème organisationnel plus profond. Les cliniciens, utilisateurs quotidiens de l’outil, se sentent souvent exclus des décisions d’achat et du processus de développement du produit. « La plupart des spécialistes de la prévention des infections interrogés décrivent une expérience nettement différente » de celle de leurs collègues informatiques, indique le rapport. Ils évoquent notamment des délais de réponse du support technique plus longs, un manque de connaissance du produit de la part des équipes de support d’Epic et un désir d’avoir davantage d’influence sur l’évolution de Bugsy.

La production de rapports personnalisés représente le principal défi pour les utilisateurs. La moitié des personnes interrogées estiment que les rapports en libre-service nécessitent une amélioration significative, car la fonctionnalité n’est pas toujours immédiatement disponible. Les visualisations et l’analyse des données posent également problème : 25 % des répondants signalent un effort de construction important, et 69 % estiment qu’une amélioration serait souhaitable.

Face à ces lacunes, de nombreux établissements ont choisi de conserver une solution existante en complément, voire en remplacement de Bugsy. Le moniteur de contrôle des infections de VigiLanz, l’outil le plus fréquemment associé, a obtenu un score global de 90,8 auprès de tous les utilisateurs de systèmes de surveillance épidémiologique (SSE) et de 87,9 parmi les clients d’Epic. La plateforme Sentri7 de prévention des infections de Wolters Kluwer, reconnue comme la meilleure de sa catégorie par KLAS en 2026, a quant à elle atteint un score global de 93,5.

Epic a cependant réalisé des progrès en matière de reporting aux National Healthcare Safety Network (NHSN), et s’est activement concentré sur ce domaine ces dernières années, ce qui a été noté par les personnes interrogées.

L’implémentation de Bugsy s’avère souvent longue et coûteuse. Un tiers des organisations ont mis plus d’un an pour atteindre un état de fonctionnement optimal, et une organisation a même indiqué qu’après plus de cinq ans d’utilisation, elle n’avait toujours pas atteint cet objectif. La qualité de l’expérience utilisateur semble directement liée à la force de l’équipe interne chargée de la mise en œuvre. Les établissements qui ont investi massivement dans des analystes dédiés et maintenu des réunions régulières avec les équipes informatiques et Bugsy ont obtenu de meilleurs résultats.

La formation reste un point faible constant, même parmi les utilisateurs les plus expérimentés. L’intégration de Bugsy à l’écosystème Epic – principale raison de son adoption – s’est également avérée plus complexe que prévu. Si certaines connexions de données SSE, telles que les résultats de laboratoire, étaient prêtes dès le lancement, près de la moitié des personnes interrogées ont signalé que l’intégration au dossier patient n’était pas entièrement opérationnelle au départ.

Dans le paysage concurrentiel, le conseiller en infections HealthSight de BD a connu une baisse significative de la satisfaction client au cours de l’année écoulée, en raison du roulement du personnel, d’une réactivité réduite et d’un manque d’innovation. VigiLanz et Wolters Kluwer continuent d’obtenir de bonnes notes de la part des spécialistes de la prévention des infections, qui souhaitent toutefois une intégration plus étroite avec les SSE d’Epic.

Les organisations ayant migré vers Bugsy depuis VigiLanz ont constaté une baisse notable de leur satisfaction, tandis que celles venant de BD ont connu une baisse comparable. Ces données confirment ce que de nombreux spécialistes de la prévention des infections ont souligné tout au long du rapport : le passage à Bugsy s’accompagne souvent d’un coût fonctionnel que les établissements doivent évaluer avec soin.

Le rapport KLAS formule plusieurs recommandations : impliquer les responsables de la prévention des infections dès le début du processus décisionnel, s’assurer que les analystes possèdent une connaissance approfondie des flux de travail avant de prendre des décisions de conception, prévoir des ressources dédiées (analyste spécialisé dans Bugsy, spécialistes de la prévention des infections supplémentaires), cartographier dès le départ les exigences organisationnelles en matière de rapports, anticiper une personnalisation importante et une maintenance continue, établir une collaboration solide avec les équipes du laboratoire et des services de microbiologie, et élaborer un plan de formation approfondi.

En conclusion, les systèmes de santé envisageant une stratégie entièrement basée sur Epic devraient évaluer avec lucidité les investissements internes requis par Bugsy. Les organisations qui réussissent avec cet outil le considèrent comme un projet de construction à long terme, nécessitant une expertise dédiée, une attention soutenue de la direction et la participation active des spécialistes de la prévention des infections.

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