Publié le 2024-02-29 14:35:00. Le cancer du pénis, une maladie évitable, a conduit à près de 3 000 amputations et 2 300 décès au Brésil entre 2021 et 2025, soulignant un problème de santé publique lié au manque d’information et à l’accès aux soins.
- Entre 2021 et 2025, le cancer du pénis a été responsable de 2 900 amputations au Brésil.
- Cette même période a vu 2 300 décès liés à cette maladie.
- Le manque d’information et les préjugés sont identifiés comme les principaux obstacles à la prévention.
Le cancer du pénis, bien que rare, représente un problème de santé publique au Brésil. Selon des données récentes du ministère de la Santé (MS), relayées par la Société Brésilienne d’Urologie (SBU), cette maladie évitable a entraîné des conséquences dramatiques au cours des quatre dernières années : 2 900 amputations et 2 300 décès. Ces chiffres alarmants mettent en lumière l’importance d’une meilleure sensibilisation et d’un accès facilité aux soins.
Les experts soulignent que les premiers signes du cancer du pénis sont souvent discrets et indolores. Il peut s’agir de l’apparition de plaies ou d’ulcères persistants sur le pénis, de modifications de la couleur de la peau (rougeur, blanchissement, assombrissement), notamment au niveau du prépuce ou du gland, d’un épaississement cutané, de nodules, de sécrétions malodorantes ou de saignements. À un stade avancé, la maladie peut provoquer des douleurs et un gonflement des ganglions inguinaux.
La prévention joue un rôle crucial dans la lutte contre le cancer du pénis. Elle repose sur plusieurs mesures simples, mais essentielles : une hygiène intime rigoureuse, la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH), et la correction chirurgicale du phimosis, une affection caractérisée par l’impossibilité de rétracter le prépuce, par une intervention appelée posthectomie.
L’infection chronique du prépuce, souvent due à un manque d’hygiène, est une cause majeure du cancer du pénis. Une accumulation de champignons et de bactéries peut entraîner des lésions qui, si elles ne sont pas traitées, peuvent évoluer vers un cancer. Il est donc recommandé de laver quotidiennement le pénis avec de l’eau et du savon, en rétractant le prépuce pour nettoyer le gland.
Le VPH, un virus sexuellement transmissible également responsable du cancer du col de l’utérus chez la femme, est un autre facteur de risque important. L’utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels et la vaccination contre le VPH – disponible gratuitement via le Système Unique de Santé (SUS) pour les jeunes de 9 à 14 ans et les personnes immunodéprimées jusqu’à 45 ans – sont des mesures de prévention efficaces.
Le diagnostic précoce est essentiel pour augmenter les chances de guérison. Dans les stades initiaux, le cancer du pénis peut être traité de manière moins agressive, souvent par simple ablation de la zone affectée, sans nécessiter d’amputation. Cependant, dans les cas avancés, l’amputation peut être inévitable, partielle ou totale, avec une reconstruction de l’urètre permettant au patient d’uriner assis. Cette intervention peut avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie et l’estime de soi.
Contrairement à d’autres types de cancer, il n’existe pas de dépistage systématique du cancer du pénis. Le diagnostic repose principalement sur un examen physique réalisé par un urologue, une évaluation des antécédents du patient (hygiène intime, phimosis, tabagisme, infection par le VPH) et, en cas de suspicion, une biopsie de la lésion.
Les régions du Nord et du Nord-Est du Brésil sont particulièrement touchées par le cancer du pénis, avec des taux d’amputation proportionnellement plus élevés que dans les autres régions. Cette disparité est attribuée à des facteurs socio-économiques, à un accès limité aux soins de santé spécialisés, à une hygiène intime moins rigoureuse, à une prévalence plus élevée du phimosis non traité, à une plus grande exposition au VPH et à un manque d’information sur la santé. Les autorités sanitaires appellent à une attention particulière à ces régions pour améliorer la prévention et le diagnostic précoce.
Les données du ministère de la Santé révèlent que les États de São Paulo (542 amputations), du Minas Gerais (476) et de Rio de Janeiro (442) ont enregistré le plus grand nombre d’interventions chirurgicales entre 2021 et 2025.