Publié le 7 février 2026 22:02:00. Une nouvelle méthode de dépistage du cancer du col de l’utérus, basée sur l’analyse du sang menstruel, pourrait faciliter l’accès aux tests et augmenter le nombre de femmes participant aux programmes de prévention, selon une étude chinoise récente.
- Le test HPV réalisé à partir d’un échantillon de sang menstruel présente une sensibilité comparable à celle des prélèvements cervicaux traditionnels.
- Cette méthode non invasive pourrait lever certaines barrières psychologiques et pratiques au dépistage.
- L’étude suggère d’intégrer ce test dans les recommandations nationales de dépistage.
Le cancer du col de l’utérus est principalement causé par une infection persistante par certains types de virus du papillome humain (HPV). Le dépistage régulier, notamment par le test HPV, est essentiel pour détecter les lésions précancéreuses et prévenir le développement de la maladie. Cependant, de nombreuses femmes hésitent à participer aux programmes de dépistage en raison de la peur de la douleur, du manque d’intimité, de la stigmatisation ou d’un manque d’information.
Pour répondre à ces préoccupations, des chercheurs chinois ont évalué la fiabilité d’une alternative : le test HPV réalisé à partir d’un échantillon de sang menstruel. L’étude, menée entre septembre 2021 et janvier 2025 dans la province du Hubei, a impliqué 3 068 femmes âgées de 20 à 54 ans, issues de zones urbaines et rurales.
Les participantes ont fourni trois types d’échantillons : un échantillon de sang menstruel prélevé à l’aide d’un minipad (une bande de coton stérile fixée à un tampon hygiénique), un échantillon cervical prélevé par un professionnel de santé, et un échantillon cervical supplémentaire pour analyse en laboratoire. Elles avaient également accès à une application mobile WeChat, nommée Early Test, pour consulter leurs résultats et bénéficier de conseils médicaux.
Les résultats de l’étude, publiés mercredi dans la revue The BMJ, sont encourageants. La sensibilité du test HPV sur sang menstruel pour détecter les lésions cervicales de haut grade (CIN2+ ou CIN3+ nécessitant un traitement) était de 94,7 %, comparable aux 92,1 % observés avec les prélèvements cervicaux traditionnels. La spécificité, qui mesure la capacité à identifier correctement les femmes non atteintes, était légèrement inférieure (89,1 % contre 90,0 %).
La valeur prédictive négative, c’est-à-dire la probabilité qu’un résultat négatif soit réellement correct, était identique pour les deux méthodes (99,9 %). De même, il n’y avait pas de différence significative dans la valeur prédictive positive (9,9 % pour le minipad contre 10,4 % pour les prélèvements cervicaux) ni dans le taux de référence en colposcopie (examen plus approfondi du col de l’utérus).
Les auteurs soulignent que l’utilisation de l’application mobile a facilité la communication des résultats et le suivi des patientes, ce qui pourrait simplifier la mise en œuvre à grande échelle de ce nouveau mode de dépistage. Ils estiment que ces données soutiennent l’inclusion du test HPV sur sang menstruel dans les directives nationales de dépistage du cancer du col de l’utérus.
Bien que l’étude soit observationnelle et présente certaines limites, les chercheurs concluent que l’analyse du sang menstruel prélevé avec un minipad constitue une alternative standard et non invasive prometteuse pour le dépistage du cancer du col de l’utérus.