Home Économie Egypte : Le FMI alerte sur la dette qui frôle 100% du PIB, al-Sissi reprendra quand même ce « doux poison »

Egypte : Le FMI alerte sur la dette qui frôle 100% du PIB, al-Sissi reprendra quand même ce « doux poison »

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Publié le 7 février 2026 à 21h57. Malgré une amélioration économique notable, l’Égypte prévoit d’émettre une nouvelle obligation en euros à 2 milliards de dollars, une décision qui inquiète le Fonds monétaire international face à une dette publique qui approche les 100 % du PIB.

  • Le gouvernement égyptien envisage d’émettre une euro-obligation de 2 milliards de dollars au second semestre de l’exercice budgétaire 2025-2026.
  • Le Fonds monétaire international (FMI) a alerté les autorités égyptiennes sur le niveau croissant de l’endettement du pays.
  • L’économie égyptienne montre des signes de reprise, avec une baisse de l’inflation et un regain d’intérêt des investisseurs.

L’économie égyptienne semble retrouver des couleurs. L’inflation est en recul, les investisseurs se montrent plus actifs sur la bourse, les bailleurs de fonds renouent avec le financement, les réserves de devises s’étoffent et les projets d’infrastructures reprennent. La situation contraste fortement avec les difficultés de 2022-2023, où des navires chargés de denrées alimentaires étaient contraints d’attendre en raison de l’incapacité du Trésor public à régler les factures. Cependant, cette amélioration ne doit pas masquer un problème persistant : le service de la dette, véritable talon d’Achille des finances publiques égyptiennes.

Le président Abdel Fattah al-Sissi semble déterminé à poursuivre une politique d’emprunt, malgré les avertissements. Le ministre des Finances, Ahmed Kouchouk, a annoncé mardi dernier que le gouvernement projette d’émettre une euro-obligation de 2 milliards de dollars (environ 1,85 milliard d’euros) durant le second semestre de l’exercice budgétaire 2025-2026 (du 1er juillet au 30 juin). Il a souligné une demande croissante pour les obligations à cinq ans sur le marché international de la dette.

Le ministre a également précisé que l’Égypte s’efforce de diversifier ses sources de financement, de réduire les coûts d’emprunt, d’attirer de nouveaux investisseurs, d’étaler les échéances de remboursement de la dette et d’améliorer l’efficacité du financement de l’économie. La dernière émission d’euro-obligations remonte à janvier 2025, pour un montant total de 2 milliards de dollars, divisé en deux tranches à échéances de 5 et 8 ans, avec des rendements respectifs de 8,62 % et 9,45 %.

Le pays mise également sur des financements bilatéraux et multilatéraux, ainsi que sur un déficit budgétaire financé par des émissions de titres en monnaie locale et à court terme. L’objectif est d’allonger les maturités des émissions domestiques et de limiter l’endettement extérieur auprès des créanciers privés. En théorie, les émissions d’euro-obligations ne devraient pas dépasser 4 milliards de dollars en 2026, mais cette prévision reste sujette à caution.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a récemment mis en garde le gouverneur de la Banque centrale égyptienne, Hassan Abdalla, contre la flambée de l’endettement, qui approche désormais les 100 % du produit intérieur brut (PIB). Elle a également souligné que le fardeau du service de la dette freine les investissements dans le développement du capital humain.

Cette situation contraste vivement avec les finances publiques algériennes, où l’endettement extérieur est si faible que le FMI lui propose activement des prêts. L’endettement extérieur de l’Algérie est tellement insignifiant que le FMI lui court après pour lui prêter de l’argent.

Le Conseil d’administration de l’institution internationale devrait se prononcer avant la fin du premier trimestre 2026 sur les cinquième et sixième revues du programme de financement de 8 milliards de dollars accordé à l’Égypte au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC), ainsi que sur la première revue dans le cadre de l’accord de crédit de 1,3 milliard de dollars au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Un volume important de fonds, mais aussi un niveau d’endettement préoccupant.

Les prévisions de croissance du FMI (4,7 % cette année contre 4,5 % en 2025) sont certes encourageantes, mais leur ampleur reste limitée. Les services de Mme Georgieva ont mis en avant la dynamique de la consommation des ménages, liée à la baisse de l’inflation, et le maintien des investissements des entreprises, favorisés par l’assouplissement monétaire. Cependant, ces facteurs restent fragiles et conjoncturels, appelant à la prudence.

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