Publié le 6 février 2026 22:23:00. Le futur gouvernement chilien de José Antonio Kast prévoit de relancer l’investissement en proposant un nouveau statut fiscal offrant une stabilité juridique et fiscale aux entreprises, tant nationales qu’étrangères, dans un contexte de ralentissement des flux d’investissement.
- Le gouvernement Kast ambitionne de présenter des projets de loi prêts à être examinés par le Congrès dès le 11 mars.
- Un nouveau statut pour la promotion des investissements, garantissant l’invariabilité fiscale et la sécurité juridique, est une priorité.
- L’équipe économique s’inspire du régime argentin RIGI et de l’ancien DL 600, tout en souhaitant une approche plus inclusive.
Face à un ralentissement marqué de l’investissement au Chili ces dernières années, l’équipe économique du président élu José Antonio Kast s’active à préparer un ensemble de mesures destinées à relancer l’attractivité du pays. Parmi ces initiatives, un nouveau statut pour la promotion des investissements occupe une place centrale, avec pour objectif de garantir aux entreprises une stabilité juridique et fiscale à long terme.
Selon les données de la Banque centrale chilienne, les investissements ont progressé en moyenne de 9 % par an entre 2000 et 2013, mais ce rythme a considérablement ralenti pour atteindre seulement 0,9 % entre 2014 et 2024. Jorge Quiroz, futur ministre des Finances, a souligné l’importance de rétablir un climat de confiance pour attirer les capitaux :
« Les investissements démarrent quand il y a des certitudes. Le Chili a eu pendant de nombreuses années ce qu’on appelait le DL 600. Nous sortions d’une période de turbulences et c’était un contrat avec la nation. Nous allons essayer de restaurer un mécanisme similaire à celui-là. »
Jorge Quiroz, futur ministre des Finances
Le projet de nouveau statut s’inscrit dans un plan fiscal plus large visant à stimuler l’investissement, qui comprend également une réduction de l’impôt sur les sociétés de 27 % à 23 % sur quatre ans, ainsi qu’un crédit d’impôt pour encourager l’embauche. L’équipe économique étudie encore si ces mesures seront regroupées dans un seul projet de loi ou présentées sous forme de textes distincts.
Le gouvernement Kast s’engage à offrir une « sécurité juridique et fiscale » aux investisseurs locaux et étrangers, en particulier ceux qui réalisent des investissements importants impliquant un transfert technologique et le développement des compétences. L’expérience argentine, avec le Régime d’incitation aux grands investissements (RIGI), approuvé en 2024, suscite également l’intérêt de l’équipe chilienne. Ce régime offre une série d’incitations fiscales et de change pour une période de 30 ans aux investissements supérieurs à 200 millions de dollars américains dans des secteurs stratégiques.
Le DL 600, créé en 1974 et abrogé en 2016 sous le second gouvernement de Michelle Bachelet, avait permis d’attirer d’importants flux de capitaux, notamment dans le secteur minier, en garantissant la stabilité juridique et l’invariabilité fiscale aux investisseurs étrangers. Contrairement au DL 600, le nouveau statut envisagé par le gouvernement Kast devrait bénéficier aux investissements nationaux et étrangers de manière équitable. Le seuil minimal d’investissement pour bénéficier de ces avantages est actuellement estimé entre 50 et 100 millions de dollars américains.
Andrés Rodríguez, ancien directeur d’InvestChile et actuel PDG de Tinna Rubber Chile, souligne l’importance de ce type de mesure :
« Tout mécanisme offrant un traitement spécial aux investissements à forte intensité de capital, les protégeant des fluctuations politiques et fiscales, est très positif. Et si c’est pour les étrangers et les locaux, mieux c’est. »
Andrés Rodríguez, PDG de Tinna Rubber Chile
Le gouvernement prévoit une période d’invariabilité fiscale d’au moins 10 ans, applicable à des projets dans tous les secteurs. Il reste à déterminer si cette garantie s’appliquera uniquement aux nouvelles initiatives ou également aux extensions de projets existants.
Malgré l’abrogation du DL 600 en 2016, 6 593 contrats signés avec 3 495 investisseurs étrangers restent en vigueur, témoignant de la durée de vie des projets d’investissement. InvestChile, l’agence gouvernementale chargée de promouvoir l’investissement, gère ces accords.

