Mis à jour le 8 février 2026 à 09h26. Une étude chinoise suggère qu’un test simple, réalisé à partir d’un échantillon de sang menstruel, pourrait améliorer le dépistage du cancer du col de l’utérus, une maladie prévisible mais toujours trop fréquente.
- Un test sur sang menstruel pourrait offrir une alternative non invasive au prélèvement cervical traditionnel.
- L’étude révèle une sensibilité comparable à celle des méthodes actuelles pour détecter les lésions précancéreuses.
- Les experts soulignent la nécessité de poursuivre les recherches avant d’envisager un déploiement à grande échelle.
Le cancer du col de l’utérus, principalement causé par le virus du papillome humain (VPH), reste un problème de santé publique majeur malgré les progrès en matière de prévention. Le dépistage régulier est essentiel pour identifier les lésions précancéreuses et permettre une prise en charge rapide, mais l’accès à ces contrôles peut être limité pour certaines femmes.
Une nouvelle piste pourrait lever certains obstacles : une équipe de chercheurs chinois a évalué la capacité du sang menstruel à détecter la présence d’ADN du VPH. Les résultats, publiés dans le BMJ, indiquent que ce test présente une sensibilité similaire aux méthodes conventionnelles pour identifier les lésions précancéreuses de haut grade (CIN2+). De plus, il affiche une valeur prédictive négative très élevée, ce qui signifie qu’un résultat négatif est un indicateur fiable de l’absence de lésions significatives.
Ce test, qui consiste à prélever un échantillon à l’aide d’une mini-compresse à domicile, pourrait particulièrement bénéficier aux femmes qui hésitent à se soumettre au prélèvement cervical traditionnel, en raison de l’inconfort, de la peur ou des difficultés d’accès aux soins. Il pourrait ainsi contribuer à augmenter la participation au dépistage et à réduire l’incidence du cancer du col de l’utérus.
Cependant, les experts appellent à la prudence. Xavier Bosch, chercheur émérite à l’Institut catalan d’oncologie, insiste sur le caractère préliminaire de ces travaux :
« Il s’agit d’une étude pionnière, mais il est important de se rappeler qu’il existe déjà des méthodes validées pour détecter le VPH, comme la cytologie, l’autoprélèvement vaginal ou l’analyse d’urine. Il faudra démontrer si le sang menstruel offre des performances comparables ou des avantages réels par rapport à ces options. »
Il souligne également la nécessité d’évaluer l’acceptabilité culturelle de cette nouvelle méthode et de prendre en compte d’éventuelles interférences techniques.
Marta del Pino, médecin à l’unité d’oncologie gynécologique de l’Hospital Clínic de Barcelone, partage cet avis :
« L’étude est intéressante et pourrait réduire les obstacles au dépistage, mais elle ne peut pas être considérée comme un remplacement immédiat des méthodes actuelles. »
Elle rappelle que l’étude a été menée uniquement sur des femmes ayant des cycles menstruels réguliers et que l’appareil utilisé n’est pas encore commercialisé. De plus, tous les résultats négatifs n’ont pas été confirmés par une biopsie, ce qui constitue une limite.
En conclusion, si cette nouvelle approche suscite l’espoir d’un dépistage plus accessible et moins invasif du cancer du col de l’utérus, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer son efficacité et sa fiabilité avant de pouvoir envisager un déploiement à grande échelle.