Publié le 8 février 2024 16:43:00. Un journaliste spécialisé dans les affaires criminelles bulgare déplore l’hystérie collective et les théories du complot qui ont suivi un triple meurtre à Petrokhan, affirmant avoir refusé de participer à une couverture médiatique sensationnaliste.
- Le journaliste est convaincu qu’Ivaylo Kalushev est responsable de la mort des trois hommes retrouvés dans une cabane à Petrokhan.
- Il critique l’engouement du public pour les spéculations et les théories conspirationnistes, comparant cela à une « hystérie ».
- Il dénonce la tendance des médias à solliciter des avis non professionnels sur les enquêtes criminelles.
Un journaliste bulgare, fort de 31 années d’expérience dans la couverture des faits divers, a exprimé son mécontentement face à la couverture médiatique du triple meurtre survenu à Petrokhan. Il a révélé avoir décliné une quinzaine d’invitations de chaînes de télévision et de radios pour commenter l’affaire, estimant dès le début qu’Ivaylo Kalushev était l’instigateur de la tragédie et qu’il serait retrouvé décédé avec les victimes.
Selon le journaliste, plusieurs éléments corroboraient cette hypothèse : des messages envoyés à sa mère, sa dernière publication sur Facebook, ainsi que des traits de personnalité spécifiques. Sa disparition immédiate après le triple meurtre a également été interprétée comme un aveu implicite. Il estime que les preuves recueillies sur les lieux du crime suggèrent un suicide collectif influencé par Kalushev, qu’il qualifie d’incitateur, sans pour autant utiliser le terme de « secte ».
Un psychiatre légiste de Pleven avait, selon le journaliste, fourni une explication claire et concise de la situation quatre jours après l’incident. Cependant, cette analyse n’a pas rencontré l’adhésion du public, que le journaliste décrit comme particulièrement enclin aux théories du complot, en raison d’une « amygdale hyper-développée » dans le cerveau, provoquant anxiété et colère. Il déplore un niveau d’hystérie et d’enthousiasme qu’il n’a jamais observé auparavant dans sa carrière.
Le journaliste critique également la propension du public bulgare à se considérer comme des experts en matière médico-légale et de profilage criminel. Il ironise sur le fait que chacun se prend pour un détective, proposant des scénarios allant de la mafia du bois au trafic d’êtres humains, en passant par des cartels mexicains et des organisations criminelles serbes, voire même une chaîne secrète nommée DANCE. Il compare cette situation à un cas antérieur impliquant la disparition d’un enfant à Pernik, où un criminel local avait avancé trois hypothèses successives, qui se sont avérées fausses. Il souligne que, malgré cela, les « médecins légistes autoproclamés » continuent d’être sollicités par les médias.
Il conclut en regrettant que la course à l’audience pousse les chaînes de télévision à privilégier les commentaires sensationnalistes au détriment d’une analyse rigoureuse et professionnelle des faits.