La police britannique a ouvert une enquête suite à la révélation de courriels suggérant que l’ancien prince Andrew aurait transmis des informations confidentielles à Jeffrey Epstein, le financier américain condamné pour exploitation sexuelle de mineures. L’affaire relance les controverses autour des liens de la famille royale avec Epstein et suscite de vives inquiétudes au sein de la monarchie.
La police de Thames Valley, responsable de la sécurité dans la région de Windsor où résidait autrefois le prince Andrew, a confirmé avoir reçu une plainte et procéder à une évaluation des faits. Cette plainte a été déposée par Graham Smith, directeur de l’organisation républicaine Republic, qui accuse l’ancien prince d’abus de fonction et de violation de la loi britannique sur les secrets officiels.
Selon les documents publiés le mois dernier par le ministère américain de la Justice, ces courriels remonteraient à 2010 et décriraient des échanges concernant une tournée du prince Andrew en Asie du Sud-Est, où il représentait le Royaume-Uni pour le commerce international. Ils suggèrent que l’ancien prince aurait partagé des rapports détaillés sur ce voyage avec Epstein peu après son retour.
La famille royale tente de prendre ses distances face à ce nouveau scandale. Le prince William et la princesse Catherine ont exprimé leur « profonde préoccupation » face à ces révélations, soulignant que leurs pensées allaient aux victimes d’Epstein. Cette déclaration intervient alors que le prince William était en visite officielle en Arabie saoudite.
L’affaire intervient après que le roi Charles III a déjà déchu son frère de ses titres royaux l’année dernière, suite à des accusations antérieures concernant sa relation avec Epstein. Andrew Mountbatten-Windsor, comme il est désormais connu, a toujours nié toute faute.
Les tensions au sein de la famille royale se sont accrues ces dernières semaines, avec le déménagement forcé de l’ancien prince du Royal Lodge, près du château de Windsor, vers un cottage plus modeste dans le domaine de Sandringham, dans l’est de l’Angleterre. Ce déménagement, annoncé en octobre, suscite des critiques quant au maintien de privilèges accordés à un membre de la famille royale déchu de ses fonctions.
Le palais de Buckingham n’a pas encore publié de déclaration supplémentaire, se référant à un communiqué publié en octobre dernier, dans lequel les souverains exprimaient leur sympathie envers les victimes d’abus.
« Leurs Majestés souhaitent préciser que leurs pensées et leur plus grande sympathie ont été et resteront avec les victimes et les survivants de toutes formes d’abus », indique le communiqué du palais.
Par ailleurs, l’affaire fait écho à une enquête en cours concernant Peter Mandelson, ancien ambassadeur britannique aux États-Unis, soupçonné d’avoir également partagé des informations sensibles avec Epstein. Graham Smith a souligné cette similitude, estimant qu’il n’y avait « aucune différence significative » entre les deux cas.