Le géant zurichois de l’électrotechnique ABB mise désormais principalement sur les Amériques et l’Asie pour sa croissance future, reléguant l’Europe au troisième plan. Cette réorientation stratégique s’accompagne d’investissements massifs aux États-Unis et en Inde, tandis que le groupe privilégie l’optimisation de ses sites existants sur le Vieux Continent.
Selon Morten Wierod, PDG d’ABB, les Amériques constituent le principal moteur de croissance du groupe ces dernières années, une tendance qui devrait se poursuivre. « C’est là que nous avons enregistré la plus forte croissance et cette dynamique se maintient », a-t-il déclaré dans un entretien accordé au magazine Finanz und Wirtschaft. L’Asie et le Moyen-Orient suivent au classement des priorités, tandis que l’Europe se voit attribuer un rôle moins central.
Cette stratégie se traduit par des choix d’investissement bien précis. ABB concentre ses ressources sur les marchés à forte croissance comme les États-Unis et l’Inde. En Chine, où la capacité de production est jugée suffisante, et en Europe, l’accent est mis sur l’amélioration de l’efficacité des usines existantes, sans projet de construction de nouvelles installations majeures, a précisé le dirigeant.
Ces déclarations interviennent après la publication de résultats financiers solides pour l’exercice 2025. ABB a enregistré une croissance de 7 % de son chiffre d’affaires à base comparable, atteignant 33,2 milliards de dollars (25,8 milliards de francs suisses). La marge opérationnelle s’est également améliorée, passant de 18,2 % à 19 %, ce qui a permis d’augmenter le bénéfice net de 20 %, à 4,7 milliards de dollars.
La stratégie d’ABB s’inscrit dans un mouvement plus large de réévaluation des chaînes d’approvisionnement et des investissements par les grands groupes industriels, en réponse aux enjeux géopolitiques actuels et aux disparités de croissance régionales. L’Europe, de ce point de vue, apparaît comme un marché moins dynamique.
À 17 heures, l’action ABB affichait une hausse d’environ 2 %. Depuis le début de l’année 2026, le titre a progressé de 11 %, et ses performances sur un an (+35 %) et sur cinq ans (+169 %) restent largement positives.