Les marchés boursiers mondiaux ont affiché une reprise notable lundi, après une semaine de turbulences alimentées par les inquiétudes concernant l’impact de l’intelligence artificielle (IA). Wall Street a clôturé en hausse, et le Nikkei a atteint un nouveau record historique, signalant un apaisement des tensions.
L’indice Dow Jones a progressé de 0,9 %, le S&P 500 de 0,5 %, tandis que le Nasdaq a presque effacé ses pertes pour atteindre un nouveau sommet. Ce rebond suggère que la panique de la semaine précédente, déclenchée par des interrogations sur les valorisations et les perturbations potentielles de l’IA, était peut-être excessive. Les investisseurs semblent considérer qu’il est encore trop tôt pour évaluer pleinement les conséquences de l’IA sur les entreprises technologiques et les fournisseurs de logiciels et de données.
Les résultats du quatrième trimestre, publiés jusqu’à présent, ont été globalement positifs, malgré quelques prévisions décevantes. Coca-Cola et Ford publieront leurs chiffres plus tard dans la journée.
L’attention des marchés se tourne désormais vers les données économiques américaines à venir cette semaine. Les contrats à terme américains indiquent une ouverture stable, dans un contexte de prudence avant la publication de trois indicateurs clés. Après des chiffres de l’emploi inférieurs aux attentes la semaine dernière, le rapport d’aujourd’hui sera scruté pour détecter d’éventuels signes de ralentissement du marché du travail et de son impact sur la consommation.
Les investisseurs misent de plus en plus sur au moins deux baisses de taux d’intérêt de 25 points de base par la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année. Une troisième baisse pourrait être envisagée demain si le rapport sur l’emploi non agricole confirme une détérioration de la situation. Cependant, les chiffres de vendredi présentent un risque de baisse pour les actions et pourraient soutenir le dollar.
L’Asie a également profité de l’amélioration de l’ambiance. L’indice japonais a bondi de 2,3 % pour atteindre un nouveau sommet historique, porté par les résultats des élections anticipées. La victoire du Premier ministre Sanae Takaichi avec une majorité qualifiée au Parlement lui donne les coudées franches pour mettre en œuvre ses politiques, notamment une réduction temporaire de la taxe de vente sur les produits alimentaires, ce qui est perçu favorablement par les marchés.
Le yen s’est renforcé, mais cette appréciation est en partie due aux avertissements répétés des autorités japonaises concernant d’éventuelles interventions sur le marché des changes. Le dollar continue de baisser face au yen, s’échangeant autour de 155,30 yens. Face à l’euro et à la livre sterling, le billet vert est légèrement plus ferme, récupérant une partie des pertes de la veille.
Le dollar a été performant lundi, gagnant 0,8 % par rapport à l’euro pour atteindre 1,19 $. L’australien s’est également distingué, anticipant de nouvelles hausses de taux d’intérêt de la Banque de réserve d’Australie (RBA). Le franc suisse a bénéficié d’un afflux de capitaux sécuritaires, en raison des craintes concernant une diminution des investissements chinois dans les bons du Trésor américain.
Une tendance similaire est observée dans d’autres pays émergents, mais l’impact sur les rendements du Trésor américain a été limité jusqu’à présent.
L’euro et la livre sterling ont légèrement reculé par rapport à leurs plus hauts niveaux. L’euro est soutenu par les commentaires de responsables de la Banque centrale européenne (BCE), dont la présidente Christine Lagarde, qui ont indiqué que la banque centrale n’était pas pressée de réagir à une inflation temporairement inférieure à l’objectif de 2,0 %. Les remarques de Martin Kocher, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, suggérant que la BCE ne serait pas opposée à un rôle accru de l’euro en tant que monnaie de réserve, ont également contribué à son appréciation.
La livre sterling a également enregistré des gains, atteignant brièvement 1,3700 $, malgré une nouvelle crise politique à Westminster. Le Premier ministre Keir Starmer devrait conserver son poste malgré les pressions exercées au sein du Parti travailliste en raison de sa décision de nommer Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient connus. Les ministres ont apporté leur soutien à Starmer, l’aidant à éviter une aggravation de la crise, au moins avant les élections partielles du 26 février. Les rendements britanniques ont baissé en conséquence.
L’or est en légère baisse mardi, après un rebond de deux jours. Un dollar légèrement plus fort et une résistance technique juste en dessous de 5 100 $ constituent des obstacles à court terme. Les rapports et les données économiques de cette semaine seront déterminants pour savoir si l’or peut réaliser une reprise durable au-dessus de 5 000 $.
Le Bitcoin est également en baisse, après avoir échoué à franchir la barre des 70 000 $. Une augmentation des anticipations de baisses de taux d’intérêt de la Fed pourrait soutenir la cryptomonnaie.