L’économie américaine affiche un tableau contrasté, oscillant entre des signaux de croissance robuste et des signes de ralentissement sur le marché du travail. Cette ambiguïté rend les prévisions particulièrement difficiles à interpréter, et les prochains indicateurs économiques seront scrutés de près par les investisseurs et la Réserve fédérale.
Selon les estimations préliminaires de la Fed d’Atlanta, le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis aurait connu une forte progression au quatrième trimestre 2025, avec une augmentation annualisée de 4,2 %. Si ces chiffres se confirment lors de la publication officielle prévue le 20 février, cela marquerait le troisième trimestre consécutif de croissance soutenue. L’indice économique hebdomadaire (WEI) de la Fed de Dallas suggère que cette dynamique positive pourrait se poursuivre jusqu’au début de 2026, avec une croissance du PIB sur quatre trimestres restant au-dessus de 2 % au 31 janvier.
Cependant, le marché du travail dresse un portrait moins optimiste. Les données récentes indiquent un ralentissement de la création d’emplois. Les estimations de la masse salariale du secteur privé font état d’une faible augmentation de 22 000 postes en janvier 2026, et Revelio Labs signale même une légère perte d’emplois au cours du même mois.
Certains experts estiment que ce ralentissement de l’embauche ne doit pas nécessairement être interprété comme un signe avant-coureur de récession. Ils avancent l’hypothèse que le marché du travail est devenu si tendu que le nombre d’emplois nécessaires pour maintenir le taux de chômage stable a considérablement diminué. Selon certaines estimations, ce seuil serait passé d’environ 100 000 à 150 000 emplois par mois ces dernières années à seulement 30 000 à 60 000 à la fin de 2025.
Les investisseurs attendent avec impatience la publication des chiffres officiels de l’emploi de vendredi, qui devraient donner une indication plus précise de la situation. Le consensus prévoit une reprise des embauches, avec une augmentation de 80 000 postes en janvier, après un gain de seulement 37 000 en décembre (source : Econoday.com).
La Réserve fédérale, quant à elle, est confrontée à un dilemme : décider si le ralentissement économique est suffisant pour justifier une baisse des taux d’intérêt. À l’heure actuelle, les marchés anticipent que la Fed maintiendra ses taux inchangés lors de ses réunions de mars et avril, avant de commencer à les assouplir en juin, selon les contrats à terme sur les fonds fédéraux.
Les données sur la masse salariale, plus faibles que prévu, pourraient jouer un rôle déterminant dans les prochaines décisions de la Fed. De nouvelles preuves d’un refroidissement du marché du travail pourraient inciter la banque centrale à abaisser ses taux plus tôt que prévu. Le rapport de vendredi inclura également des révisions des données gouvernementales pour 2025, qui devraient indiquer que l’économie a créé moins d’emplois que précédemment estimé, une nouvelle qui ne réjouira pas les investisseurs optimistes.
« Si l’on se concentre uniquement sur le marché du travail, et non sur le PIB ou le marché boursier, la dynamique actuelle semble indiquer un risque accru de ralentissement économique », a déclaré Cory Stahle, économiste chez Indeed Hiring Lab.