Publié le 10 février 2026 à 23h41. Malgré l’existence de vaccins pour certaines d’entre elles, les maladies infectieuses évitables représentent la principale source de morbidité dans le département de Santander, avec une augmentation notable des cas de coqueluche, de tuberculose et d’infections respiratoires aiguës.
- Santander est en alerte face à une épidémie de coqueluche, notamment au sein de la communauté indigène U’wa.
- Les infections respiratoires aiguës (IRA) connaissent un premier pic en 2026, avec une augmentation de 2,1 % des consultations par rapport à l’année précédente.
- Les cas de tuberculose restent préoccupants, avec une hausse de 31,9 % des infections enregistrées au cours des quatre premières semaines de l’année.
Les chiffres de l’Institut National de la Santé (INS) révèlent une situation préoccupante en matière de santé publique dans le département de Santander. Si ces maladies sont généralement évitables, elles continuent de peser lourdement sur la population, avec des pics qui se poursuivent depuis 2025.
Les infections respiratoires aiguës (IRA) sont particulièrement préoccupantes. Santander fait face à son premier pic de l’année 2026. Au cours des sept dernières années, le département a figuré parmi les cinq régions du pays enregistrant la plus forte augmentation de cas. Cette année, 18 106 personnes ont consulté en ambulatoire ou aux urgences pour des IRA, dont 1 282 ont nécessité une hospitalisation et 327 des soins intensifs.
Selon les autorités sanitaires, Barrancabermeja, Floridablanca et Piedecuesta sont les municipalités où la situation est la plus inhabituelle. L’INS signale une augmentation significative des cas, dépassant les 13 000 consultations attendues à cette date. En comparaison avec la même période de l’année précédente, on observe une augmentation de 2,1 %, soit 378 cas supplémentaires (17 728 cas en 2025 contre 18 106 en 2026).
Luz Adriana Ausique, spécialiste en thérapie respiratoire à l’Université Manuela Beltrán, explique que les changements brusques de température favorisent la circulation des virus respiratoires, tels que la grippe et d’autres types d’infections. Les autorités sanitaires signalent une augmentation des cas de grippe sur l’ensemble du continent, à l’exception du Brésil. Si le sous-type H3N2 est prédominant au niveau national, c’est la grippe H1N1 qui domine à Santander.
Les experts recommandent une extrême prudence en cas de symptômes grippaux : port du masque, lavage fréquent des mains, évitement des foules et consultation médicale en cas de fièvre persistante, de maux de gorge, de malaise général ou de difficultés respiratoires.
Parallèlement, la tuberculose continue de représenter un défi de santé publique. En 2025, 1 612 personnes ont été touchées par cette maladie bactérienne, certains cas ayant entraîné des décès. La contagion se produit facilement par voie aérienne, lors de conversations, de toux ou d’éternuements, en particulier dans les lieux fréquentés ou les établissements de santé.
L’année précédente a été marquée par un pic important de cas, touchant au moins 10 municipalités de Santander, ainsi que la prison modèle de Bucaramanga et la prison de Barrancabermeja, qui ont dû être temporairement fermées pour maîtriser l’épidémie. En 2026, 91 infections tuberculeuses ont déjà été enregistrées au cours des quatre premières semaines, contre 69 à la même période l’année précédente, soit une augmentation de 31,9 % (22 cas supplémentaires).
Il est important de rappeler que la vaccination est un moyen de prévention efficace contre la tuberculose, même si elle ne protège pas contre toutes les formes de la maladie.
Enfin, l’alerte à la dengue reste de mise. Depuis l’année précédente, Santander est en alerte épidémiologique concernant cette maladie transmise par les moustiques. À ce jour, 646 cas de dengue ont été enregistrés, contre 361 pour la même période en 2025, ce qui représente une augmentation significative. En 2025, 11 183 cas de dengue ont été recensés, dont certains ont évolué vers une forme grave.
Lina María Vera Cala, épidémiologiste à l’Université industrielle de Santander (UIS), souligne que la dengue fait partie des maladies transmises par des vecteurs qui génèrent une forte charge de morbidité dans le département. Au niveau national, le changement climatique, la densité de population croissante dans les zones d’endémie et le manque d’accès aux services publics de base favorisent la propagation de la maladie, touchant principalement les populations rurales et les communautés marginalisées.
Dans tous les cas, les vaccins disponibles (contre la grippe, la tuberculose et la coqueluche) sont accessibles gratuitement dans les centres de santé, et les autorités sanitaires réitèrent leur appel à la vaccination complète des enfants.