Panne d’électricité et tempêtes émotionnelles : comment gérer l’anxiété de sa partenaire ?
Une lectrice se sent submergée par les réactions disproportionnées de sa compagne et cherche des solutions pour retrouver un équilibre dans leur relation.
Depuis six mois, Léa et Chloé vivent ensemble. Si leur cohabitation se déroule globalement bien, Léa se sent épuisée par la manière dont Chloé réagit face aux difficultés du quotidien. Une simple coupure de courant, par exemple, se transforme en une succession de plaintes et d’angoisses. « Si mon téléphone se décharge, je vais pleurer ! », s’alarme Chloé, obligeant Léa à jouer le rôle de la consolatrice, même lorsqu’elle est elle-même préoccupée.
Récemment, alors que Léa apprenait une mauvaise nouvelle concernant un membre de sa famille, elle s’est retrouvée à écouter les frustrations de Chloé concernant un projet professionnel, pendant une durée bien plus longue qu’elle n’avait pu partager ses propres soucis. « Comment faire pour changer la donne ? », se demande Léa, consciente que pointer du doigt l’exagération des réactions de sa compagne risque d’être contre-productif.
Prudence, la conseillère de Slate, répond :
Au lieu de chercher à modifier le comportement de Chloé, Léa devrait se concentrer sur sa propre réaction face à ses angoisses. La lectrice a tendance à se sentir obligée de répondre aux « crises » de sa compagne, mais cette obligation est-elle réelle ?
Lors de la coupure de courant, Léa aurait pu proposer une alternative positive : « Ce sera ennuyeux si ton téléphone se décharge, mais on peut aller recharger au café en attendant, ou profiter de ce temps pour faire du yoga aux chandelles ! » L’idée est de reconnaître l’émotion de Chloé sans s’y engager, et de montrer l’exemple d’une attitude plus sereine face à l’adversité.
De même, face aux préoccupations de Chloé concernant son travail, Léa aurait pu exprimer son empathie (« Je suis sûre que c’était stressant de recevoir cet email… ») avant de partager ses propres inquiétudes familiales. Si Chloé n’avait pas spontanément manifesté d’intérêt pour ses problèmes, Léa aurait pu simplement annoncer son besoin de se confier à son frère ou de se distraire avec un jeu vidéo.
Cette dynamique où l’un soutient constamment l’autre peut fonctionner pour certains couples, mais elle ne convient visiblement pas à Léa. Il est essentiel qu’elle exprime clairement son besoin d’équilibre et qu’elle limite son engagement dans les moments de forte anxiété de Chloé. Cela pourrait inciter cette dernière à adopter un comportement plus mesuré, ou du moins permettre aux deux femmes de déterminer si elles sont réellement compatibles en tant que partenaires. Il est plus constructif de se montrer authentique que de demander à l’autre de changer. Après tout, si Chloé pouvait facilement contrôler ses émotions, elle l’aurait probablement déjà fait.