Mélanie Van de Velde, une femme de 32 ans gravement brûlée lors de l’incendie du Nouvel An à Crans-Montana en Suisse, a publié une lettre ouverte poignante, interrogeant le sort des victimes face à l’opacité entourant les responsabilités.
Dans ce témoignage publié dimanche 8 février, la jeune femme, soignée au Centre de traitement des brûlés (CTB) du CHU de Nantes, décrit une réalité douloureuse et une profonde remise en question. Elle évoque les souffrances physiques quotidiennes, les interventions chirurgicales répétées et la séparation forcée de sa fille.
« Chaque pansement, tous les deux jours, est une épreuve. La douleur ne disparaît jamais vraiment. Elle s’installe. Elle use. Elle envahit », confie-t-elle. Mélanie Van de Velde explique qu’elle ne guérit pas au sens strict, mais qu’elle se transforme, son corps étant irrémédiablement altéré. « Mon visage ne sera plus jamais le même », écrit-elle, accompagnée de son avocate, Sylvie Noachovitch.
L’incendie de Crans-Montana, survenu le soir du Nouvel An, avait fait 41 morts et 115 blessés. Mélanie Van de Velde raconte avoir sauté une rambarde, non pas par bravoure, mais parce que « à cet instant précis, le feu était plus fort que la peur ». Depuis, elle se dit en état de survie plutôt que de vie.
Au-delà de sa douleur personnelle, Mélanie Van de Velde s’élève contre le silence et le flou qui entourent les causes de la catastrophe. « Où est la justice quand la victime porte à vie les marques visibles et invisibles, et que les responsabilités restent floues, silencieuses, diluées ? », questionne-t-elle avec amertume.
Elle insiste sur le fait qu’elle ne cherche pas la vengeance, mais qu’elle souhaite briser le silence, car « l’oubli est insupportable quand on vit avec des cicatrices permanentes ». Elle veut que l’on comprenne qu’« derrière un fait divers, il y a des corps mutilés, des identités bouleversées, des mères séparées de leurs enfants ».
« Je suis Mélanie. Je suis vivante. Mais je vis désormais dans un corps et un visage qui ne seront plus jamais les mêmes », conclut-elle. Les gérants du bar Le Constellation, Jacques et Jessica Moretti, seront de nouveau auditionnés mercredi et jeudi dans le cadre de l’enquête.