Mis à jour le 12 février 2026 à 17h02. L’image des États-Unis a considérablement décliné en Allemagne au cours de la dernière décennie, passant d’un allié fiable et admiré à une source croissante d’inquiétude, en particulier sous la présidence de Donald Trump.
- Les Allemands considèrent désormais les États-Unis comme l’une des plus grandes menaces pour la paix mondiale, au même titre que la Russie et la Chine.
- La confiance dans les États-Unis a chuté drastiquement depuis l’élection de Donald Trump en 2016, avec seulement environ 10 % des Allemands lui faisant confiance à la fin de son premier mandat.
- Les politiques économiques agressives de l’administration Trump ont nui aux entreprises allemandes, entraînant une baisse des investissements et des exportations vers les États-Unis.
L’enthousiasme qui avait accueilli l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche en 2009, après les tensions de l’ère George W. Bush, semble aujourd’hui presque lointain. Une enquête du Pew Research Center révélait alors que 93 % des Allemands pensaient qu’Obama « ferait ce qu’il faut en matière d’affaires mondiales », un record absolu. Même en 2016, à la fin de son second mandat, 86 % des Allemands conservaient leur confiance en lui.
Sous Obama, les États-Unis étaient perçus comme un partenaire fiable et un modèle, malgré les révélations d’Edward Snowden. Mais cette perception a radicalement changé avec l’élection de Donald Trump en 2016. Un sondage réalisé vers la fin de son premier mandat a montré que seulement 10 % des Allemands lui faisaient encore confiance. Cette méfiance s’est maintenue durant son second mandat, et en milieu d’année 2025, 73 % des Allemands estimaient, selon un sondage de la chaîne ZDF (Politbarometer), que les relations avec les États-Unis étaient « mauvaises ».
Les déclarations de Donald Trump lors de sa campagne présidentielle de février 2024 ont particulièrement inquiété l’Allemagne. Il a affirmé qu’il ne protégerait pas les pays membres de l’OTAN en cas d’attaque russe s’ils n’investissaient pas suffisamment dans leur propre défense, allant même jusqu’à dire qu’il serait prêt à « encourager » la Russie à agir contre ces pays. Seulement un peu moins d’un tiers des Allemands pensent désormais que les États-Unis apporteraient une assistance militaire à un État européen membre de l’OTAN en cas d’attaque.
Les politiques économiques agressives de l’administration Trump ont également eu des conséquences négatives pour les entreprises allemandes. La plupart des produits importés de l’Union européenne sont désormais soumis à des droits de douane de 15 %, et ceux sur l’acier et l’aluminium peuvent atteindre 50 %. Les exportations allemandes vers les États-Unis ont chuté de plus de 9 % en 2025 par rapport à l’année précédente. L’Institut économique allemand de Cologne a constaté une réduction d’environ 45 % des investissements directs allemands aux États-Unis entre février et novembre 2025, par rapport à la même période de l’année précédente.
« Les conditions des affaires se sont considérablement détériorées. L’ambiance au sein des entreprises allemandes s’est considérablement détériorée au cours de l’année entière. »
Roland Rohde, expert des États-Unis chez Germany Trade and Invest
Le tourisme allemand vers les États-Unis est également en baisse. Entre janvier et juillet 2025, près de 780 000 touristes allemands se sont rendus aux États-Unis, soit environ 12 % de moins que la même période de l’année précédente. Les politiques d’immigration strictes et les conditions d’entrée plus rigoureuses dissuadent les Allemands de voyager aux États-Unis. Selon l’expert en aviation Heinrich Grossbongardt, les vacanciers ne souhaitent pas voir la Garde nationale patrouiller dans les villes américaines ou assister à des raids contre les immigrés.
« Les États-Unis ont une image qui représente la liberté et l’individualité, mais les vacanciers ne veulent pas voir la Garde nationale patrouiller à Los Angeles et faire des raids contre les immigrés. »
Heinrich Grossbongardt, expert en aviation
Les projets visant à obliger les touristes étrangers à partager cinq années de leur historique sur les réseaux sociaux, ainsi que les informations concernant des détentions ou des expulsions soudaines d’Allemands, contribuent également à cette aversion. Le nombre de demandes d’échanges d’étudiants aux États-Unis a considérablement diminué, certains médias évoquant une baisse de 50 %.
Malgré cette perte de confiance, l’histoire montre que cette situation n’est pas nécessairement permanente. L’approbation de George W. Bush et de Donald Trump avait également fini par remonter, pour finalement bénéficier à Obama et Joe Biden. Un changement de locataire à la Maison Blanche, ou du moins une attitude plus favorable envers l’Europe, pourrait éventuellement restaurer la confiance.
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