Publié le 12 février 2026 à 23:39:00. L’administration américaine a annulé une réglementation environnementale clé établie sous l’ère Obama, ouvrant la voie à un assouplissement des normes d’émissions des véhicules et suscitant une vive opposition des défenseurs de l’environnement.
- Le président Trump a révoqué l’« avis de danger » de 2009, qui déclarait que les gaz à effet de serre constituaient une menace pour la santé publique.
- La Maison Blanche affirme que cette mesure réduira les coûts pour les constructeurs automobiles jusqu’à 2 400 dollars par véhicule et rendra les voitures plus abordables.
- Les groupes environnementaux prévoient de contester cette décision devant les tribunaux, la qualifiant de recul majeur dans la lutte contre le changement climatique.
La décision de l’administration Trump, annoncée jeudi depuis le Bureau Ovale, met fin à une réglementation qui servait de base juridique aux efforts fédéraux visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre, notamment celles provenant des véhicules. Selon le président Trump, l’avis de danger de 2009 était une « politique désastreuse » qui avait nui à l’industrie automobile américaine et augmenté les prix pour les consommateurs.
« Cette règle radicale est devenue la base juridique de la nouvelle escroquerie verte, l’une des plus grandes escroqueries de l’histoire »,
Donald Trump, président américain
En 2009, l’Agence de protection de l’environnement (EPA) avait déterminé que six principaux gaz à effet de serre – notamment le dioxyde de carbone et le méthane – représentaient un danger pour la santé humaine. Cette évaluation des risques est devenue un pilier de la réglementation américaine sur les gaz à effet de serre, influençant les normes pour les véhicules, les centrales électriques, le secteur pétrolier et gazier, et même l’aviation.
L’abrogation de cette réglementation est justifiée par l’administration Trump par des économies potentielles pour les constructeurs automobiles et les consommateurs. La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé que cette mesure permettrait de réduire les dépenses des constructeurs de 2 400 dollars par véhicule.
Cependant, les organisations environnementales contestent ces estimations et mettent en garde contre des conséquences négatives. Peter Zalzal, du Fonds de défense de l’environnement, estime que cette décision obligera les Américains à dépenser environ 1 400 milliards de dollars supplémentaires en carburant et entraînera jusqu’à 58 000 décès prématurés et 37 millions de crises d’asthme supplémentaires.
Certains experts de l’industrie automobile s’inquiètent également des répercussions de cette décision sur les ventes à l’étranger, car la production de véhicules moins économes en carburant pourrait limiter leur compétitivité sur les marchés internationaux.
« Cette réduction, d’une certaine manière, consolide les mesures déjà prises, comme l’assouplissement des normes d’économie de carburant. Mais cela met vraiment les constructeurs automobiles américains dans une situation difficile, car personne d’autre ne voudra acheter de voitures américaines. »
Michael Gerrard, expert en droit climatique à l’Université de Columbia
L’administration Trump a également utilisé l’avis de danger de 2009 pour empêcher les États d’adopter des lois plus strictes sur les émissions de carbone et pour bloquer les poursuites judiciaires liées au changement climatique. Les défenseurs de l’environnement prévoient de contester cette décision devant les tribunaux, espérant que la Cour suprême examinera la question avant la fin du mandat de Trump.
Un rapport commandé par le ministère de l’Énergie et remettant en question les connaissances scientifiques sur l’impact des gaz à effet de serre pourrait être utilisé pour justifier cette décision. Cependant, ce rapport a été critiqué pour son manque de représentativité et son inexactitude.
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