Publié le 13 février 2024 15h30. Une étude menée en Islande souligne l’importance cruciale du respect des recommandations nutritionnelles dès la petite enfance pour prévenir le surpoids et l’obésité infantile, un problème de santé publique mondial en constante augmentation.
- Le respect des directives nationales en matière de nutrition infantile – allaitement exclusif suivi d’une alimentation équilibrée et d’une supplémentation en vitamine D – est associé à un risque réduit d’obésité.
- Les enfants dont les familles adhèrent le moins à ces recommandations présentent un risque significativement plus élevé de développer une obésité à six et neuf ans.
- L’obésité infantile peut avoir des conséquences graves sur la santé à long terme, augmentant le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de certains cancers.
Une étude à l’échelle nationale islandaise a révélé un lien direct entre les habitudes alimentaires des nourrissons et leur poids à l’âge scolaire. Les chercheurs ont utilisé un système de notation des régimes alimentaires infantiles (IDS) pour classer les enfants en cinq groupes, du plus respectueux au moins respectueux des directives officielles. Les résultats montrent clairement que plus un enfant se situe dans les groupes les moins conformes, plus son risque d’obésité est élevé.
L’étude, publiée dans la revue Nutrition maternelle et infantile, s’est appuyée sur les données nutritionnelles et anthropométriques de tous les enfants nés en Islande entre janvier 2009 et juin 2015. Elle a pris en compte des facteurs clés tels que la durée de l’allaitement maternel exclusif, le moment de l’introduction des aliments solides, la diversité de l’alimentation, la supplémentation en vitamine D et la consommation de lait de vache après l’âge d’un an.
Les chiffres sont alarmants : 7 % des enfants étaient en surpoids ou obèses à 2,5 ans, un chiffre qui grimpe à 27 % à six ans (dont 8 % obèses) et atteint 38 % à neuf ans (avec 15 % d’obésité). Les enfants appartenant aux deux quintiles les moins bien notés en matière de régime alimentaire présentaient un risque d’obésité 38 à 58 % plus élevé que ceux du quintile le plus élevé.
Les chercheurs insistent sur le fait que la première année de vie est une période cruciale en matière de nutrition, marquée par une transition importante du lait maternel vers les aliments solides. Ils soulignent également que l’allaitement maternel, bien que bénéfique, ne semble offrir une protection significative contre l’obésité que jusqu’à l’âge de neuf ans.
Cette étude intervient alors que l’obésité infantile est devenue un problème de santé publique mondial majeur. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les taux de surpoids et d’obésité chez les enfants et les adolescents ont quadruplé entre 1990 et 2022. L’obésité dépasse désormais la dénutrition chez les enfants du monde entier.
D’autres recherches ont mis en évidence le rôle de l’insécurité alimentaire pendant la grossesse et la petite enfance dans l’augmentation du risque d’obésité infantile (risque augmenté de 50 %). Une étude américaine a également révélé que 71 % des aliments pour bébés vendus aux États-Unis sont considérés comme ultra-transformés.
Les scientifiques islandais appellent à davantage de recherches pour mieux comprendre les causes complexes de l’obésité. Ils recommandent néanmoins de suivre les recommandations nutritionnelles établies pour les nourrissons et les jeunes enfants.
« La promotion de l’adhésion aux directives en matière de nutrition infantile au cours de la première année de vie soutient la prévention primaire de l’obésité infantile. Les stratégies de santé publique devraient donner la priorité à l’amélioration de la qualité de l’alimentation pendant la petite enfance, notamment par une éducation ciblée et un soutien aux parents et aux soignants au sein du système de santé. »