Publié le 18 février 2024 14:35:00. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a réaffirmé l’importance de la dissuasion nucléaire de l’OTAN, jugeant prématuré tout débat sur des alternatives à ce système de sécurité.
- Boris Pistorius ne voit aucun intérêt à remettre en question la dissuasion nucléaire actuelle de l’OTAN, garantie par les États-Unis.
- Il met en garde contre les doublons et les efforts redondants qui, selon lui, ne produiraient pas de résultats supplémentaires.
- Le ministre souligne les engagements internationaux de l’Allemagne, notamment le Traité de non-prolifération nucléaire et le Traité 2+4, qui l’empêchent de développer ses propres armes nucléaires.
En marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, Boris Pistorius a clairement indiqué qu’il ne souhaitait pas ouvrir de débat sur une possible alternative à la dissuasion nucléaire actuelle. Il a argumenté que, dans le contexte géopolitique actuel, il serait contre-productif de remettre en question un système qui, jusqu’à présent, a maintenu une certaine stabilité.
« Pourquoi devrions-nous, en tant qu’Européens, avoir intérêt à remettre en question cette dissuasion nucléaire, qui est garantie par les Américains et semble le rester, à travers d’autres activités ? »
Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense
Le ministre a également insisté sur l’inefficacité des approches dupliquées. Selon lui, multiplier les structures et les efforts dans ce domaine ne ferait qu’engendrer des coûts supplémentaires sans améliorer la sécurité.
« C’est pour ça que je suis plutôt réservé. »
Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense
Pistorius a rappelé que l’Allemagne est liée par des traités internationaux qui interdisent le développement d’armes nucléaires. Le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) est un accord international visant à empêcher la propagation des armes nucléaires et à promouvoir le désarmement nucléaire. De plus, le Traité 2+4, signé en 1990, stipule que l’Allemagne unifiée ne possédera pas d’armes nucléaires.
« Cela signifie que prendre cette mesure constituerait une violation de ces contrats », a-t-il précisé, soulignant ainsi la contrainte juridique qui pèse sur l’Allemagne en matière d’armement nucléaire.
Le ministre a finalement estimé que le débat sur une alternative à la dissuasion nucléaire n’était pas une priorité pour l’Allemagne à l’heure actuelle.